Disparaître ?

by Fabian on March 24, 2010 (the friendlyanarchist.com)

Lorsque vous cherchez sur le Web « comment disparaître » vous entrez alors dans un autre monde. Vous y trouverez les maris fuyant leurs épouses, les fraudeurs se cachant de la justice, les flambeurs surendettés cherchant à échapper à leurs créanciers. Il y a des communautés entières consacrées à discourir, quel serait le meilleur paradis fiscal dans les Caraïbes, comment obtenir facilement un passeport du Burkina Faso ou bien quand il faut changer de numéro de téléphone cellulaire. Et il y a aussi tous ceux qui veulent échapper aux détectives ou aux inspecteurs de la police. Il y a enfin les intermédiaires spécialisés sur le sujet, offrant et services et propriétés dans les pays les plus accueillant.

Quand je parcourus ces sujets je fus captivé mais sans encore savoir ni le pourquoi et ni le comment. Comme étudiant je ne payais d’impôts et n’avais aucune dette, je ne songeai donc nullement à acquérir une demeure dans une République à Bananes encore inconnue. Oui en quelque sorte cela me mis une puce dans le crâne qui s’assoupis pour quelques années.

Après mes études scolaires, au lieu de faire mon service militaire obligatoire en Allemagne mais avec possibilités de s’en dispenser, je fis un service civil en Colombie. Une fois achevé, je commençai mes études dans différentes villes universitaires allemandes et colombiennes. Quand mon épouse trouva un emploi au Salvador, je la suivis comme je pus. En 2009 j’achevai ma thèse sur la magnifique cité colombienne de Carthagène et m’embarquai dans un large périple dans les forêts vierges du Venezuela et du Brésil, tout en m’exerçant de l’écriture. Après cela je retournai à Bogota pour quelques temps, où je travaillai à la création de sites Web et fis le traducteur pour une société Autrichienne. Et alors la petite puce du « comment disparaître » de la communauté Internet se réveilla. Je me remis à Google pour trouver qu’il y avait un moyen tout simple de le faire et je l’avais réalisé sans le savoir grâce à mes petites errances d’amateur. Cela était de disparaître ou plutôt de se libérer de toute attache et domiciliation.

Ainsi il apparaît que disparaître sans résidence principale est tout à fait dans le domaine du possible autant pour le citoyen lambda que pour le citoyen averti. Au lieu de continuer a faire votre boulot dans votre cabane, ressassant données dans votre portable, pourquoi ne pas laisser tomber l’alcôve et aller planter votre potable dans une plage de sable, par exemple aux Caraïbes?

Sans doute le meilleur exemple de tout cela est de subir ce que cette délocalisation vous entraîne à faire, un arbitrage géographique. Que vous gagniez votre vie en Dollars, en Sterling ou en Euros, mais que vous les dépensiez en Bath thaïlandais ou en Pesos Colombiens, vous vous rendrez vite compte que le taux de change vous est favorable, convertissant votre maigre revenu en un niveau de vie acceptable. En plus cette conséquence est une meilleure qualité de vie et moins d’heures de travail.

Se libérer de toute attache n’est pas à la portée du quidam bien sûr. Si vous avez à encadrer tout un service ou si vous devez verser à boire aux clients dans votre bar-tabac, vous ne pourrez continuer à le faire de votre paradis tropical, même si vous les convainquiez tous de vous suivre. Etre sans attaches, ce ne sera pas bon sur le long terme pour conserver un business.

Mais si vous êtes quelque peu libre de où travailler ou plus ou moins à votre compte, cela vaut la peine de convaincre votre boss ou donneur d’ordre de vous lâcher la bride. Pour un début, essayez un ou deux jours à partir de chez vous. Maintenant les portables sont très bon marché, le wi-fi est répandu, il y a tous les VoIP-LAN-Extranet qui vous permettent de vous connecter de partout et à toute heure.

Les travailleurs indépendants auront encore moins de difficultés à faire le plongeon. De nos jours ils sont une pléthore de programmeurs, écrivains, consultants, professeurs.

Quand on commence, c’est évident qu’il vaut mieux avoir déjà quelques clients. Mais il arrive d’en perdre dans la migration. C’est un sacrifice nécessaire quoique il soit facile à présent de lancer son marketing sur le Web. Une fois que vous êtes au dehors rien n’empêche quelqu’un de venir à vous du monde entier pour être votre client. C’est préférable de relayer sa communication par tout moyen que vous trouvez ou préférez, quid des blogs, Twitter, forum, eMails. Il y a des plateformes spécialisées comme eLance.com. Ah bien sur vos services devront être bons marchés au départ. Pour l’informatique la concurrence venant d’Inde est impitoyable. L’arbitrage géographique n’est pas une voie à sens unique.

Pour y aller on peut déjà enseigner le Français ou une langue, cela paye le loyer en attendant de se faire de clients et monter sa boite. Moi-même (l’auteur) je me suis mis à faire le guide quelque soit l’endroit où je me trouvais. Mais le vrai migrant professionnel doit s’arranger pour se faire une plateforme de business autonome pouvant lui générer de l’argent tout en ne lui demandant que quelques heures par semaine de maintenance et de suivi.

Afin d’éviter la catastrophe financière, un peu de préparation n’est pas superflu. Bien sûr il faut avoir de côté suffisamment pour survivre à vos premiers mois de vadrouille, et pouvoir mettre en place de multi sources de revenu, c’est une stratégie avisée. Si vous avez un boulot, essayez en marge de créer votre business, vous démissionnerez ensuite.

Vous êtes un travailleur indépendant, alors ne soyez pas dépendant de seulement un ou deux gros clients. Si vous avez une quelconque expertise dans quelques domaines, essayez de les mixer et surtout d’y mettre le sel de la passion : un gribouilleur qui parle plusieurs langues peut se révéler un excellent traducteur, et s’il est musicien amateur, il peut gagner des sous à faire des leçons de guitare tout en conservant son job principal de webmestre.

Une autre bonne recommandation avant de vous délocaliser est de tout laisser tomber et de ne rien garder. Vendre vos affaires sur eBay vous libérera totalement tout en générant une partie du pécule dont aurez besoin en voyage. Et puis de quoi auriez vous besoin en faisant de l’auto-stop au milieu de la Patagonie ou sur une plage de cocotier dans le golfe du Mexique. Moi-même si j’aime bien rester quelques mois dans chaque ville d’étape, d’autres au contraire se contenteront du sac à dos et ne resteront que brièvement au même endroit.

Quelque soit votre démarche personnelle, ne pas oublier que vous le faites pour l’enthousiasme. Car enfin disparaître du bureau et oublier le temps pourri d’Europe pour s’enfermer aux caraïbes et de taper sans s’arrêter sur votre portable, cela vaut il la peine ? Sortez, rencontrez les gens, comprenez le pays. Il n’y aura pas d’espions puisque vous ne disparaissez pas pour des raisons fiscales.

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