L’Hyperthermie (1)

Article écrit et paru sur son excellent site et forum par David Manise le 18 Juillet 2005
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,5441.msg101019.html#msg101019


Du grec « hyper », qui veut dire « au-dessus », ou « trop », et « therme », qui signifie chaleur. L’hyperthermie est l’élévation de notre température corporelle interne au-dessus de 37°C.

Les effets d’une hyperthermie généralisée sur notre organisme sont nombreux et complexes. Tout le monde connaît les fameux « coups de chaleur ». On les reconnaît généralement à une perte de conscience. La peau de la victime est rouge, brûlante, et souvent sèche (mais pas toujours). Faire un coup de chaleur sur une plage bondée, entouré de 5 potes frais et dispos et à 15 mètres du poste des secouristes, ça passe encore (bien que des lésions irréversibles puissent avoir lieu dans tous les cas). Faire un coup de chaleur tout seul sur un sentier de montagne et s’écrouler en plein cagnard, c’est déjà largement moins drôle. Il est donc important de reconnaître les symptômes qui précèdent les troubles plus sérieux, et de savoir à tout prix prévenir la surchauffe.

Les premiers avertissements… de 37,2°C à 38°C (stade 1)

Vacances d’été. Mi-juillet. 41°C à l’ombre. Vous marchez en montagne. Altitude : 725 m. Ça monte raide. Le soleil cogne dur. Il n’y a pas de vent. Vous transpirez abondamment et vos vêtements vous collent à la peau. Les autres aussi ont chaud, mais personne ne se plaint. Il faut avancer. Il fera moins chaud plus haut.

Quelqu’un fait un petit commentaire intelligent : « On aurait dû partir plus tôt, quand-même ». Il n’a pas tort. Le soleil est bien haut, déjà. Mais on marche quand-même. Après-tout, faut profiter des vacances et voir du paysage…

Vous prenez un rythme. Ça avance… on n’a rien sans rien. N’empêche la « clim. » du bureau vous manque, tout à coup. Vous vous rendez compte que vous avez le pied moins sûr. Vos semelles s’accrochent un peu plus souvent aux cailloux. Vous avez les jambes lourdes, un peu molles. Vous vous sentez faible… Un peu de nausées, peut-être… Vous avez un peu mal à la tête… elle semble toute légère, d’ailleurs, votre tête… vous avez très soif, très chaud, et vous transpirez abondamment.

STOP !

Les autres ne se plaignent peut-être pas, mais il est temps de trouver un coin d’ombre et de faire une pause. Vous en êtes déjà aux tous premiers stades de l’hyperthermie. Rien n’est encore grave, mais si vous continuez comme ça, vous allez droit au coup de chaleur.

Ne faites pas l’erreur de croire que ce genre de scénario ne peut se produire qu’en été, ou encore seulement lorsqu’on fournit un effort physique intense. Une hyperthermie à l’effort peut se produire même en plein hiver. De même, le fait de rester immobile et aussi zen qu’une cheminée de briques ne constitue pas une garantie contre la surchauffe. Le nombre de coups de chaleur que l’on recense chaque année sur les plages françaises est là pour le prouver (et — histoire de rester dans le domaine du bon goût — je ne parle pas des maisons de retraite ni de l’été 2003…).

C’est horriblement simple :
1. soit notre corps absorbe plus de chaleur qu’il ne peut en évacuer, et on surchauffe ;
2. soit notre corps produit plus de chaleur qu’il ne peut en évacuer, et on surchauffe ;
3. soit notre corps absorbe ET produit plus de chaleur qu’il ne peut en évacuer, et on surchauffe.

Les premiers symptômes de l’hyperthermie sont les suivants :
* sensation d’avoir trop chaud
* soif intense (pas toujours)
* transpiration abondante
* maux de tête (plus ou moins intenses)
* tête qui tourne
* nausées, vomissements (pas toujours)
* sensation de faiblesse
* spasmes musculaires (pas vraiment des crampes … des contractions plus légères, parfois indolores, mais involontaires)
* détérioration progressive de la motricité fine (« deux mains gauches », pied moins sûr, etc.)

Dès que vous ressentez l’un ou plusieurs de ces symptômes : STOP !!! Il faut faire redescendre votre température corporelle. À ce stade, vous disposez encore de 75% de vos points de Q.I. environs. Suffisamment, en tout cas, pour reconnaître le danger et prendre des mesures efficaces. Faites-le avant que les choses ne deviennent plus graves.

Les vrais emmerdes commencent… de 38°C à 39°C (stade 2)

Revenons à notre montagne. Vacances d’été. Mi-juillet. Toujours 41°C à l’ombre. Vous marchez encore. Altitude : 880 m. Ça monte encore plus raide. Le soleil cogne encore plus dur. Il n’y a toujours pas de vent. Depuis un bon moment, déjà, vous sentez votre thermostat qui surchauffe. Vous êtes de plus en plus faible, de plus en plus étourdi(e)… et les nausées vous taraudent l’estomac. Le groupe vient de faire une petite pause, en plein soleil, et vous repartez. Et là, soudain, quelqu’un vous parle :

– « Où tu vas ? Pourquoi tu redescends ? On monte la montagne, là… On descend pas… »

Vous ne comprenez pas trop… mais ça vous énerve qu’on vous critique. Vous lancez donc deux ou trois insultes au hasard, ce qui ne vous ressemble guère. Surpris(e), vous vous assoyez sur un rocher brûlant, en plein soleil, alors qu’un petit bois de hêtres bien frais longe un ruisseau à 15 mètres de là.


Comme au premier stade d’hyperthermie, vous :
* ressentez toujours cette sensation d’avoir trop chaud (mais encore pire)
* avez encore plus soif
* transpirez abondamment
* avez toujours mal à la tête (parfois avec une impression de fourmillement « dans le cerveau »)
* avez la tête qui tourne, des vertiges
* avez des nausées, et vous vomissez peut-être
* vous sentez faible (vraiment très faible)…
* voyez votre motricité fine se détériorer encore plus…
* êtes d’humeur changeante, avec des tendances à l’aggressivité, voire au délire…

En gros, vous ressentez tous les symptômes (plus ou moins aggravés) d’une surchauffe de stade 1, mais en plus :
* vous êtes de plus en plus désorienté(e) et confus(e) : vous pourrez comettre des erreurs stupides sans vous en rendre compte, vous aurez du mal à formuler une phrase complexe, ou vous aurez du mal à élaborer une stratégie, même simple… Dans cet état, votre Q.I. est grosso modo diminué de moitié. C’est malheureux, mais il est important de le savoir, pour éviter d’en arriver là. J’ai vu des gens, dans ce genre d’état, reprendre la marche après une pause et repartir dans une mauvaise direction en oubliant leur sac à dos… J’en ai vu d’autres me regarder droit dans les yeux, à trois jours de kayak du village le plus proche, tituber sur la berge d’une rivière en me disant « attends-moi ici, je vais nous acheter des bières » ;
* les crampes s’installent : on n’a plus affaire à ces petites contractions involontaires, mais bien à de véritables crampes musculaires ou abdominales, qui apparaissent et disparaissent de manière plus ou moins cyclique ;
* le pouls devient rapide et faible ;
* la respiration est parfois haletante ;
* la peau est pâle, humide et fraîche.

Juste après ce stade, c’est la perte de conscience. S’il vous reste un peu de points de Q.I. alors que vous déambulez dans cet état, il faut à tout prix faire redescendre votre température interne, lentement mais sûrement.

Dans les faits, les gens qui atteignent ce stade d’hyperthermie ne peuvent généralement pas s’en sortir seuls. Désorientés et diminués intellectuellement, ils commettent généralement des erreurs grossières (comme s’asseoir en plein soleil ou d’oublier sa gourde) et s’enfoncent souvent jusqu’au troisième stade de l’hyperthermie, le coup de chaleur proprement dit. Il faut donc à tout prix reconnaître ces signes et apprendre à agir rapidement et efficacement avant qu’il ne soit trop tard.

Le coup de chaleur… au-dessus de 39°C (stade 3)


Le coup de chaleur se reconnaît généralement à un symptôme très simple : l’évanouissement. On distingue cependant deux types de coups de chaleur, causés par deux mécanismes bien distincts. On les désigne généralement comme étant le « coup de chaleur à l’effort » et le « coup de chaleur classique », mais cette distinction prête à confusion.

Dans certains cas (et c’est souvent ce qui arrive lors d’un exercice intense, ou chez des personnes mal acclimatées), l’évanouissement survient à cause d’une diminution brutale de l’afflux de sang au cerveau, causée par le drainage rapide du volume sanguin vers les petits vaisseaux de la périphérie. Le cerveau, subitement privé d’un afflux sanguin minimal, manque d’oxygène et la personne s’évanouit. La position horizontale aidant à remplir immédiatement le cerveau de sang, la personne retrouve généralement ses esprits en quelques secondes.

La personne atteinte par ce coup de chaleur « à l’effort » peut ainsi tomber dans les pommes alors que sa température interne n’est pas très élevée. Elle peut aussi s’évanouir subitement sans passer par le premier et le second stade décrits plus haut. Ce type de coup de chaleur est généralement beaucoup moins grave, et le plus souvent sans séquelles (le plus grand risque étant la chute elle-même).

Le coup de chaleur « classique », quant à lui, survient lorsque le cerveau est chimiquement incapable de continuer à fonctionner à cause d’une température trop élevée. Il ne s’agit pas d’un simple problème mécanique de drainage du sang, mais bien d’un problème biochimique complexe. Le seuil à partir duquel on s’évanouit à cause de la surchauffe de notre cerveau dépend de plusieurs facteurs, certains individuels et d’autres circonstanciels, mais on peut affirmer qu’à partir du moment où notre température centrale corporelle dépasse les 39°C, on risque la perte de conscience, et des séquelles importants au cerveau, aux reins et au foie.

La littérature indique généralement que ce type de coup de chaleur est reconnaissable de par le fait que la peau de la victime est sèche et chaude au moment du collapsus, alors que dans le cas du coup de chaleur « à l’effort », la victime transpire généralement abondamment… Mais cette distinction ad hoc n’est pas toujours valable. On voit certains cas où la victime d’un coup de chaleur classique continue de transpirer juste avant la perte de conscience… sa peau est donc encore humide alors qu’elle s’effondre, d’où une seconde confusion possible.

Dans tous les cas, seule la prise de température (rectale) permet de déterminer avec certitude la gravité de la situation, le comportement à adopter et les séquelles à prévoir. Dans tous les cas, si vous devez retenir une seule chose de tout ce blabla, c’est ceci : Dans le doute, il vaut toujours mieux agir comme s’il s’agissait d’un coup de chaleur classique (le plus grave des deux).

Et que faut-il faire, justement ?

D’abord, prévenir le coup de chaleur.

Ensuite, si on ne réussit pas à le prévenir, il faut faire redescendre graduellement la température centrale de la victime en prenant toutes les mesures qui s’imposent :
* l’allonger sur le côté (position latérale de sécurité, idéalement) si possible dans un endroit frais, à l’ombre et/ou dans un courant d’air ;
* la dévêtir (ne traînez pas, coupez les vêtement si nécessaire) ;
* humecter graduellement sa peau à l’aide d’un chiffon humide et tiède, ou d’un brumisateur (pas d’eau froide ou de glace : risque mortel d’hydrocution) ;
* si la situation le permet, prendre la température (rectale) de la victime et appeler ensuite les secours, en transmettant bien la température maximale atteinte par la victime (c’est cette information cruciale qui déterminera d’entrée de jeu la conduite à tenir et les séquelles prévisibles) ;
* en l’absence de courant d’air, agiter une serviette, apporter un ventilateur, souffler vous-même, peu importe… l’idée est de créer un courant de convection pour accélérer l’évaporation de l’eau sur la peau de la victime ;
* recommencer ainsi le cycle humectation/évaporation jusqu’à l’arrivée des secours ou jusqu’à ce que la personne reprenne complètement conscience.

NE JAMAIS :

  • faire boire une personne inconsciente ou semi-consciente (risque de noyade) ;
  • refroidir brutalement la personne, en l’aspergeant d’eau glacée ou en la jetant dans un bain même tiède (risque mortel d’hydrocution).

Sachez par ailleurs qu’une personne dont la température centrale s’élève sérieusement peut dans certains cas avoir des comportements complètement incohérents, menaçants ou violents, verbalement ou physiquement. Tout cela est causé par des dérèglements chimiques dans le cerveau, et ces troubles se règlent généralement d’eux-mêmes lors du retour à une température normale. N’oubliez pas la première règle du code de conduite de tout bon secouriste : ne pas s’exposer soi-même à un danger lorsqu’on veut porter secours à quelqu’un. Faites donc votre possible mais prenez avant tout les précautions qui s’imposent pour porter assistance à la personne sans vous mettre vous-même en danger

Si l’hyperthermie handicape et tue bel et bien directement, elle diminue aussi fortement notre jugement et nos capacités de raisonnement. Avec un cerveau qui surchauffe, nous commettons des erreurs qui peuvent être les prémisses d’un calvaire en bonne et due forme…


Notre circuit de refroidissement

Mère Nature, dans sa grande bonté, nous a équipé d’une série de mécanismes qui nous permettent d’éviter la surchauffe. Voici les principaux équipements de série dont nous disposons (les vêtements, l’équipement et les trucs que je vous donnerai ensuite sont en option).

Dès qu’il détecte la moindre surchauffe de nos centres vitaux, notre corps met en branle les quatre processus suivants.

1- Dilatation des vaisseaux capillaires (vaso-dilatation)
Juste sous la surface de notre peau, des millions et des millions de petits vaisseaux capillaires (pas plus gros qu’un cheveu, d’où leur nom) forment un véritable treillis. Ces millions de petits vaisseaux, en se dilatant, pompent littéralement du sang surchauffé de l’intérieur du corps et le tirent près de l’épiderme, où il pourra se débarrasser de sa chaleur plus facilement. Dans certains cas, moins d’un demi-millimètre sépare le flux sanguin de la surface externe de la peau, ce qui facilite grandement les échanges thermiques avec le monde extérieur. Quand tous nos capillaires cutanés sont dilatés, près d’un tiers de notre volume sanguin peut ainsi se retrouver près de notre épiderme, en contact presque direct avec l’air ambiant.

Deux éléments simples favorisent le largage de chaleur dans l’atmosphère lorsque nous capillaires superficiels sont ainsi dilatés. D’abord, notre graisse est un excellent isolant. Tant que le sang surchauffé reste en-dessous de notre masse adipeuse, il ne peut pratiquement pas évacuer sa chaleur, alors qu’en allant flirter avec notre épiderme, il passe la frontière isolante de nos poignées d’amour et peut se refroidir plus aisément. Secundo, en passant tout près de la surface de notre peau, ce sang est refroidi par l’action de l’évaporation de la sueur (voir plus loin). Ainsi débarrassé de sa chaleur, notre sang revient vers le centre du corps, et le cycle recommence, ce qui a pour effet de déplacer efficacement la chaleur du centre du corps vers l’extérieur. Pour faire simple, on peut dire que notre corps, comme les voitures (sauf les dodoches), jouit d’un véritable circuit de refroidissement au liquide.

Fait important à noter, une déshydratation, même légère, rend le sang beaucoup plus visqueux. Dans cet état, il peut difficilement circuler dans nos capillaires. La déshydratation rend donc le mécanisme de la vasodilatation beaucoup moins efficace à lutter contre la chaleur.

2 – Sécrétion de sueur par les glandes sudoripares
Notre peau est constellée de petits trous. Les pores. Dans chacun de ces trous, on trouve une petite glande, remplie de sueur. On appelle ces glandes les glandes sudoripares. Un individu de corpulence moyenne en a environs deux millions et demi. Les hommes en ont un peu plus, et les femmes en ont un peu moins. Elles sont réparties plus densément sur la tête, le visage, le milieu du thorax et le haut du dos, mais il y en a partout sur le corps, à l’exception des organes génitaux externes. Dès que nous avons trop chaud, nos pores se dilatent, nos glandes sudoripares s’ouvrent et laissent s’échapper de la sueur : nous transpirons. Cette sueur pompe de la chaleur à notre peau par évaporation. Et comme notre peau est réchauffée par le sang affluant à sa surface par l’action des capillaires dilatés, notre peau refroidit notre sang, qui a son tour va refroidir nos organes internes.

Lorsqu’on fournit un effort physique intense, ou par temps extrêmement chaud, notre corps peut ainsi laisser s’évaporer plusieurs dizaines de litres d’eau par jour. Même dans des conditions beaucoup moins extrêmes, il est très important de boire suffisamment afin permettre à notre corps de produire suffisamment de sueur pour réguler notre température sans pour autant manquer d’eau (déshydratation). Manquant d’eau, notre production de sueur diminue, ce qui nous handicape gravement dans notre lutte contre la chaleur (pour plus de détails au sujet de l’eau, voir « Physiologie — L’importance de l’eau en toutes circonstances… »).

La sueur est un liquide éminemment complexe. Il est bourré de substances chimiques diverses et variées, mais ses trois principaux composants sont l’eau, le sel et le potassium. Les personnes acclimatées aux environnements chauds ont une transpiration beaucoup plus pure que les autres : leur sueur contient moins de sel et moins de potassium. Et ça a son importance, dans la mesure où les sels minéraux que l’on perd en transpirant doivent être remplacés, faute de quoi nous risquons des complications. Dans leurs premiers stades, d’ailleurs, ces complications ressemblent beaucoup aux premiers signes d’une déshydratation en train de s’installer (crampes musculaires ou abdominales, maux de tête, confusion, irritabilité…). Si on transpire beaucoup pendant une période d’une demie-journée ou plus, il est donc important de s’assurer d’avoir suffisamment d’apports en sel et en potassium.

Une alimentation équilibrée remplace sans aucun problème les sels minéraux perdus par la transpiration, même abondante. L’utilisation des fameuses pastilles de sel (très à la mode dans les années 80) est généralement superflue, tant que l’on peut manger correctement. En randonnée, on peut, par exemple, manger un peu de produits salés, ou boire des bouillons en cube (riches en sodium). Les apports en potassium seront, eux, couverts par des fruits (et surtout des bananes) déshydratés.

3 – Diminution du métabolisme basal

Notre métabolisme est l’ensemble des réactions chimiques qui ont lieu dans nos cellules. Ces réactions chimiques, en plus de nous faire vivre, produisent de la chaleur.

Au repos, une personne en santé, de corpulence moyenne et dans un environnement tempéré, produit environs 75 kilocalories de chaleur à chaque heure. Cela représente une production de chaleur d’environs 87 watts. Autrement dit, si votre chauffage tombe en panne, vous pouvez chauffer une pièce de taille moyenne en invitant chez vous une vingtaine de copains (vous les faites entrer et sortir pour régler la température, tout simplement…).

Ces 87 watts produits par notre métabolisme basal ne représentent pas grand chose pour chauffer une pièce, certes, mais ils sont suffisants pour faire surchauffer un corps humain, surtout lorsque les températures ambiantes sont élevées.

Notre métabolisme basal peut s’accélérer, par l’action de la caféine, de l’adrénaline, ou les cocktails complexes d’hormones sécrétés par notre corps lorsqu’il s’acclimate au froid. Un travail physique intense peut, quant à lui, multiplier notre production de chaleur par 20, voire plus dans certains cas. Ce faisant, nous rivalisons, en termes de watts, avec la plupart des convecteurs électriques que l’on trouve sur le marché !

Par temps chaud, notre métabolisme basal est considérablement réduit, par l’action de notre système nerveux parasympathique (le même qui est responsable de toutes les fonctions les plus « zen » de notre corps, de la digestion au sommeil, en passant par la vasodilatation et le ralentissement des battements cardiaques). En nous forçant ainsi à nous calmer, notre corps peut, de lui-même, faire diminuer notre production de chaleur au repos. On peut évidemment l’aider en ne bougeant pas trop, surtout pendant les heures les plus chaudes de la journée.


4 – Recherche instinctive de fraîcheur

Eh oui. Lorsque notre corps surchauffe, notre cerveau nous envoie des signaux, sous la forme d’envies, pour nous pousser à adopter un comportement adéquat. Typiquement, lorsqu’on a chaud, on a envie de trouver un coin frais et de ne plus bouger. Bien que tous ces comportements soient en grande partie acquis (on les apprend, ils ne sont pas innés), une certaine partie d’entre eux est néanmoins dicté par notre « instinct ».

Lorsqu’on a très chaud, en montagne, et qu’on trouve un coin frais sous les hêtres, on se sent instantanément bien. Notre cerveau, par l’entremise de composés chimiques ultra-complexes, nous fait ressentir du plaisir, dans le but de nous pousser à rester là. C’est en écoutant ce genre « d’instincts » que les animaux survivent dans la nature. C’est également cette faculté innée qu’à notre corps à reconnaître les situations qui lui font du bien qui permet aux très jeunes enfants de survivre en forêt souvent plus longtemps que les adultes les plus aguerris. Les enfants écoutent leur corps, et ils répondent ainsi très souvent (et dans le mesure du possible) à leurs besoins physiologiques concrets. Et la survie, c’est ça, à peu de chose près…

Ce même genre « d’instinct », après quelques jours en forêt sans manger grand chose, nous fait aussi fantasmer sur de la nourriture. Je me souviens, lors d’expériences de survie volontaire, d’avoir rêvé parfois pendant des heures à du fromage fondu, au point d’en saliver et d’en pleurer… surtout à des pâtes avec plein de fromage fondu. Mon corps m’envoyait là un signal très clair : je manquais de calories, de carburant à brûler. J’avais en effet accès à quelques plantes sauvages comestibles (riches en minéraux, vitamines et protéines, mais pauvres en calories), et j’avais mangé un peu de lièvre (une viande extrêmement maigre)… sans plus. Bref, mon corps me signalait ce qui manquait dans mon alimentation sous forme d’envies. Si vous avez déjà fréquenté une femme enceinte (ou si vous en avez déjà été une…), d’ailleurs, vous savez peut-être de quoi je parle.

Bref, une attitude saine et intelligente, dans la vie comme dans la survie, consiste à reconnaître ses envies pour ce qu’elles sont : des signaux que notre corps nous envoie, et qui nous renseignent sur nos besoins physiologiques ou psychologiques. Je ne dis pas qu’il faille systématiquement écouter ses envies et se laisser dominer par elles. Je ne dis pas non plus que toutes les envies soient toujours saines, ou pertinentes dans une stratégie de survie à long terme. Dans les situations de survie, nos envies sont simplement des informations précieuses et il est intelligent d’en tenir compte.

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