Peru – Huayhuash, les campements (2)

Huayhuash from space


J’ai tout le temps eu froid pendant ce trek, dès les 4000m c’est le gel le matin, une tente 4 saisons c’est superbement bien, on se réjouit du gain de 8 ou 10 degrés. Il ne faut donc rien laisser dehors ni entre le double toit. L’eau si tu ne l’as pas avec toi, tu déjeuneras d’un sorbet.

Il y a tout le temps du vent dès la fin de matinée, et il met à se faufiler entre toutes les quebradas et tourner en rond parfois violemment, captif dans tous ces cirques.

A la sortie de la saison des pluies il y a beaucoup moins de vent et c’est éclatant de vert, tout plein de neige sur les sommets et les glaciers à craquer de partout. C’est la saison favorable. Le problème dans ce trek est que les étapes sont trop courtes. Donc pour en faire deux d’un coup, faut pas traîner. Sinon on arrive trop tôt, et à partir de 15 heures jusqu’au soir, à moins d’être dans un groupe très soudé on se fait royalement chier. Pour ma cadence, tout à été parfait.

D’autant plus, qu’une fois monté dans le Huayhuash on reste toujours dans les 4000m, il n’y a pour ainsi pas de dénivelées méchantes, ce n’est pas comme le Choquekirao où dans la journée tu descends de plus de 1400 m une pente de malade pour remonter de l’autre côté encore plus dur encore plus haut par des lacets de 50m qui n’en finissent pas, en plus avec l’étouffement de la chaleur si tu es l’après midi t’es mort. Au Huayhuash les cols sont très cools, même le Cuyoc qui fait 5000m.

Campement de Quartelhuain

On l’atteint par une marche en pente douce qui dure l’après midi. Arrivée vers 16 heures. Le site est plat, sympa belle pelouse, puis le soleil couché à 18 heures cela devient glacial avec un vent tout le temps pas possible. Gel garanti la nuit et moins quelque chose le matin. Tout est craquant de givre. A cela que toute la nuit les camions miniers n’ont pas cessé leur navette, imagines-toi toutes les heures ou demi heures un gros diesel qui passe ses vitesses sur une piste cahoteuse en lacet pas loin, pour lui dur montant dans une vallée encaissée où la réverbération sonore est super. Imagines toi que ton guide qui connaît la musique, a vite déharnachés et parqué ses équidés pour prendre le bus navette de « Cuncush » et dormir cette nuit chez lui au chaud avec sa gonze, te laissant comme un con avec tes deux tentes, ta gamelle qui n’arrive pas à chauffer sur ton réchaud que tu as eu toutes les peine à allumer et que le vent veut reverser et qui se prépare à te les geler à mort.

Sans compter que quand tu commences à bouillir plus que ta gamelle, le mec de la petite ferme en haut se ramène comme une fleur pour se faire payer et qu’il n’a même pas la monnaie à te rendre sur un billet de 20. Si tu me lis bien, Quaterhuain tu évites. Tu va faire comme le guide mais à l’envers. C’est lui qui va monter la veille. Toi, tu va rester au chaud à Pocpa, pour la gonze c’est à toi de voir, et c’est toi qui prend la navette de « Cuncush » du matin pour te pointer comme une fraise, tout frais pour te taper le beau premier col qui se présente juste au dessus de toi et entrer dans le Huayhuash. « Cacanan Punta » est la passe qui te met dans le Huayhuash.

C’est un cheminement qui commence à être intéressant. La végétation est différente d’ailleurs, faut en profiter et te mettre à quatre pattes. Si elle est encore là tu tomberas sur la carcasse du cheval d’un mec éleveur trop bourré qui a fait se casser son bourrin, les charognards n’avaient pas encore tout enlevé quand je suis passé. Le mec lui il s’était cassé la patte bien et avait chialé un bon bout de temps tout seul dans ce désert de pierre plus d’une nuit, sans doute faisant peu de cas de l’agonie de son voisin.

Campement de Mitucocha

On oublie trop proche. Si on a le temps on peut aller jusqu’au bout et voir le Rondoy et sa lagune au pied. C’est beau, mais faut avoir le temps. Souvent des groupes de bobos en Patagonia-North Face coquelicot font le tiers du Huayhash en venant pour quelques jours par Queropalpa ou par Cajatambo, ils s’arrêtent au premier des campements de ce côtè du Rondoy et continuent en promenade pour une journée du lendemain voir ce beau site. Ils finiront pépère par « Cacanan Punta » et Quartelhuash puis Pocpa.

Ils diront avoir fait le Huayhuash, remettront leur Meindl sans une éraflure dans leur boite et en mettront plein la gueule de leur photos numériques à leur copains bobos qui sont allés frimer dans un autre coin pendant ce temps. Putain même dans des coins pas possible faut encore à avoir à se frotter à la connerie.

Campement de Caruacosha

Facilement atteignable en partant à 7 heures le matin. Magnifique lagune, magnifique glacier, magnifique montagne. Pas trop de vent pour une fois. Pour les masos courageux la baignade est possible. Il y a un point d’eau avec un robinet pas encore démantibulé. Les chiottes ne sont pas encore totalement arrachée, mais les ordures partout et surtout dans le canal de drainage. La nuit le glacier craque en coups de tonnerre, c’est impressionnant. J’ai aimé. Incontestablement le campement le plus beau que j’ai fait sur le Huayhuash.

Campement de Huayhuash

Au milieu d’une cuvette sidérale dans un cirque sinistre. Le vent te hurle partout. J’ai foutu le camp en courant. Sur la montée en sortant, c’était vers midi, on peut trouver quelques abris au soleil pour un pique-nique réparateur sur le pouce. On sort par un pierrier de gros éboulis plein de viscaches encore plus masos que les mecs qui viennent camper ici.

Campement de Viconga (Atuscancha)

La lagune de Viconga est un lac avec barrage parce que la protection morainique naturelle, ce n’est plus ça. Les lâchage donnent des différences de niveau au cours de l’année dont les strates défigurent le paysage, dommage. C’est un beau et grand lac. Il accueille également la plus grande concentration vue de « huathuash » une petite oie la Chloephaga picta pas trop farouche.

Le deuxième site un plus bas permet de prendre connaissance des premières cactées d’altitude, on est à plus de 4000, l’Opuntia flocosa magnifique en fleurs et dont les fruits avant qu’ils ne soient trop matures et gluants peuvent se manger. Cerise sur le gâteau un aménagement de bassins en béton permet de prendre un bain d’eau chaude thermale. Mais le vent, ici il est redoutable toute la nuit. Un beau campement quand même

Campement de Huanacpatay

Un beau fond de vallée glacière avec une pelouse d’alpage magnifique. J’ai vu ici mes seuls vrais crocus. Si l’on veut monter au col de San Antonio juste au dessus. Maintenant il faut choisir, alternatives,

  • s’arrêter mais c’est trop tôt dans la journée, même si c’est superbe et qu’il n’y a pas de vent,
  • continuer jusqu’au prochain campement, le deuxième campement d’Huanacpatay est dans un coin désolé pas aussi chouette qu’ici, ou continuer sur Huayllapa, mais la route est longue
  • monter au San Antonio et redescendre, avec campement ici ou plus loin à Huayllapa,
  • monter au San Antonio et redescendre de l’autre coté, mais les ânes ne peuvent le faire, faut tout se monter à dos, et c’est raide de chez raide, la descente encore plus, vertigineuse, infaisable sans guide, et campement en bas de l’autre côté à « Cutatambo ». La route sera encore longue pour aller à Huayllapa, sans beaucoup plus d’intéret si ce n’est l’adrénaline.

J’ai laissé le guide garder les affaires et surveiller les ânes qui ont pu paître à guise. Montée dure très dure, une heure et demi, vue du panorama la plus belle du Huayhuash, descente en slalom très jouissive dans le sable gravillonneux de schiste, d’une demi heure. Les dents sont indispensables pour finir les derniers mètres de la montée, les bâtons indispensables pour la descente. En montant des Vigognes sauvages et des perdrix Grouses. Les seules vues au Huayhuash. Au col une grande pierre phallique, pour ceux que cela obsède. Aahh ! cool ce col.

Campement de Huayllapa

On redescend à 3000 au seul village du trek. La descente est pas mal dure mais belle, en bas au rio une végétation plus différente qu’ailleurs. Un lis géant magnifique, le seul vu dans les galets du rio. Le village est tout au bout de la vallée glacière, coincé entre les parois et le rio, donc tout étiré. Le campement est après le village du haut, dans le stade municipal. C’est 35 soles, tu plantes ta tente au milieu de la jeunesse qui joue au foot pour les mecs et au volley pour les nanas ou à je ne sais quoi pour les pré ados. Peru Huayhuash Huayllapa plan 2011

C’est super sympa. A la tienda que tu as repéré en arrivant tu peux refaire le plein en tout parce que la route va jusqu’ici maintenant. C’est une piste faite par les miniers en prospection qui va encore plus loin et plus haut. Le lendemain tu la recroiseras encore et encore après le col Tapush pas sans les protestations des éleveurs sur ces hauts alpages. A la tienda tu peux te restaurer pas besoin de faire la bouffeet te forcer à avaler ta soupe aux spagettes qui comme à te sortir de partout, et une bonne Cristal ou Pilsen. En plus il y a l’élec. Et tu peux recharger tes numériques. Le lendemain faudra faire attention aux chiens qui viennent voler tout ce qu’ils peuvent ton dos tourné même avec la complicité de l’encaisseur du péage qui se marrera sans rien te faire voir, voir le chien de son voisin faire son trou dans ta popote et te ruiner ta réserve de pain.

Campements de Incahuain et de Tapush

Les sites sont beaux mais à des distances trop proches pour avoir dû les utiliser. Le deuxième est à proximité de superbes bois de quenuas et l’eau suinte de partout toute ferrugineuse avivant des couleurs photo hérétiques. Les mineurs ne sont pas fous pour être venus jusqu’à en haut. Les autorités ne sont pas folles non plus pour ne pas classer l’ensemble de la cordillère en Parc Naturel, il y a trop de pognon à se faire. A la la.

Au deuxième col Yaucha on se confirme que la cordillère change, c’est le coté exposés aux influences pacifiques et c’est la fin du trek qui s’annonce, la descente dans les chemins de terre poudreuse est sensationnelle. On courre jusqu’en bas d’une dénivelée de 800m au milieu des monts d’une couleur ombre sienne que l’on n’avait encore vu. Le paysage sur le turquoise des lagunes Jahuacocha fait encore plus regretter que c’est fini.

Campement de Jahuacocha

Juste au bord de la grande lagune en traversant le courant du déversement. On est encore à 4000m mais c’est plus doux et la nébulosité venant de l’océan est fréquente donnant un grésil te surprenant la nuit. De beaux limicoles viennent chercher les insectes becquetant ce que tous les trekkeurs ont laissé. Les seuls insectes du huayhash je les ai vu ici, un beau rutelideae en particulier.

Le site est bien tenu par deux couples d’anciens, il fait partie de la commune de Pacllon, rivale de Llamac. Si j’avais eu le temps, je serais allé faire un tour là bas. D’autant plus que venant chercher l’eau presque ici pour irriguer, ils ont fait un aqueduc sur des kilomètres et des kilomètres, avec un chemin sympa au long qui ne monte pas comme celui qui ramène jusqu’à Llamac ou comme l’autre qui te fait passer un col abrupt dans des terres toute couleur rouille pour revenir à Pocpa en passant par la mine. Mais si tu as le temps et que rien ne te coince tu peux en remontant jusqu’à la première lagune continuer jusqu’au Rondoy par un col du même nom pas pépère du tout et te refaire un tour de manège.

Le retour sur Llamac en passant par deux autres petits cols dont le dernier est « Llamac Pampa » te donne droit à une descente de merde dans des pierriers de merde qui n’en finissent pas. Réellement c’est quand même mieux de revenir par là parce que tu t’imagines pas te les cogner en montant même si le casse cheville est du top assuré dans ce sens.

Le Huayhuash est l’un des plus beaux treks que j’ai fait au Pérou.

4 réflexions sur “Peru – Huayhuash, les campements (2)

  1. Panorama rapide à partir du campement de Caruhacocha et vue sur le Yerupaja et son glacier

  2. Cordillera de Huayhuash afectada por incendio forestal

    Jueves 16 de agosto del 2012

    Las llamas se extendieron hasta la cordillera y también dañaron a los reservorios y canales de riego.

    (Internet/Referencial)

    Fuego arrasa 770 hectáreas del parque Huascarán

    Unas 200 hectáreas de la cordillera de Huayhuash, en la provincia de Bolognesi (Áncash), fueron afectadas por un incendio forestal que se originó hace unos días en un lugar cercano.

    “La cordillera junto a los nevados y las lagunas formaban un atractivo paisajístico, pero ahora luce como un manto negro y ello afecta el turismo”, refirió el promotor turístico Alex Milla Cury.

    Milla indicó que el hecho se produjo en el centro poblado de Llamac, distrito de Pacllón, cuando unos agricultores quemaban el pasto de sus campos de cultivo, sin imaginar que las llamas se extenderían hasta la cordillera y dañarían a los reservorios y canales de riego.

    Asimismo, dijo que es urgente realizar una limpieza de la zona dañada para recuperar su atractivo, por ello hizo un llamado a las autoridades de la región.

    Fuego devastó zona ecológica

    Especialista advierte que se perdieron especies de flora y fauna que no serán recuperadas.

    HUAYHUASH. Incendios afectaron la zona paisajística del nevado. (Difusión)

    HUAYHUASH. Incendios afectaron la zona paisajística del nevado

    Los siete incendios forestales registrados en los últimos días en Áncash arrasaron más de 800 hectáreas de bosques y pastizales y, además de devastar la biodiversidad del lugar, afectaron la zona paisajística de importantes áreas naturales, como la Cordillera de Huayhuash y el propio Parque Nacional del Huascarán.

    “La cordillera, los nevados y las lagunas formaban un atractivo paisajístico, pero ahora luce como un manto negro, lo que afecta el turismo”, dijo a RPP el promotor turístico Álex Milla Cury, quien pidió realizar una limpieza de la zona dañada para recuperar su atractivo.

    Sin embargo, Hugo Carrillo, administrador técnico y forestal y de fauna silvestre de Áncash, señaló que la recuperación de todo lo perdido no será tan fácil. “Los pajonales se pueden rehabilitar con las lluvias, y los bosques afectados, con plantaciones, pero recuperar el material ecológico y de flora y fauna perdido no es tan sencillo. Se necesitan especialistas y, sobre todo, presupuesto, que es lo que no tenemos”, indicó.

    Carrillo advirtió que debido al clima soleado y seco, y a la persistente y equivocada práctica de los pobladores de quemar sus cosechas, se podrían registrar nuevas emergencias en los próximos días.

    TENGA EN CUENTA

    La Administración Forestal y de Fauna Silvestre de Áncash ha elaborado 14 spots en castellano y en quechua para educar a los pobladores sobre las consecuencias de la quema de sus cosechas, a fin de evitar esa práctica y nuevos incendios forestales.

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