Peru – Huaraz, le vrai Routard (1)


Elle peut être la Grenoble du Pérou, Caraz en serait le Chamonix. Elle est au début de la longue vallée coincée entre la cordillère noire à l’ouest et la cordillère blanche à l’est, les agences de voyage française et le « Routard », il n’en n’est pas à une erreur près, appellent à tord le Huayhuash, la cordillère noire, ils n’y sont pas allés, elle n’est pas plus noire que la cordillère blanche, le deuxième pic du Pérou y est et là-bas on l’appelle le Huayhuash tout simplement ou la Cordillera Huayhuash et la Cordillera Raura à coté. Pour revenir tu peux rester un an dans le coin, et tu n’aura pas fait tous les treks possibles, c’est à peine imaginable ce que cette belle région péruvienne est riche. Aller, sans avoir rien fumé c’est un deuxième Katmandou pour le trekkeur.

J’aime cette ville à l’air de sous-préfecture. Elles devaient avoir ce parfum les nôtres il y a bien quelques temps déjà. Ne serait-ce que la nostalgie, il aller, ne serait-ce que savoir comment c’était, y aller. En tout cas tout les mondes de la région y vont. Et c’est marché tous les jours, dans les rues, sur les trottoirs, entre les trottoirs, partout au nord. C’est découvert, les marchés couverts sont abandonnés ou bien occupés par d’autres étals, des couturières aux quincaillières. C’est bien simple, je n’ai pas eu l’envie de m’arrêter à ni à Caruaz, ni à Yungay, ni même à Caraz. C’est comme ça.

Avant tout, amis routards, mêmes remarques qu’au pare à vent, le « Guide du Routard » grosse daube je ne vais plus en rajouter. Prends d’abord connaissance du plan et des cartes. Il y a un petit guide en anglais édité par la Mairie que l’on trouve un peu partout qui est parfait pour prendre connaissance avec la ville.

Hôtels

Je ne vais pas en faire la liste, personne ne me paie pour cela, chuis même pas payé du tout, c’est gratos. Il y en a plein les guides, il y a plein d’hôtels, alors si le premier ne va pas, ce n’est pas un problème pour en changer.

Ceux de Lonely Planet si vous aimez vous retrouver avec des backpackers anglo-saxons, c’est parfait, ils aiment se retrouver ensemble, ils sont très grégaires il est vrai. Moi cela me paume un peu, trop autiste sans nul doute. De toute façon, il faut éviter les hôtels de l’est bien qu’ils soient les plus recommandés, trop loin du centre et il faut se taper les rues qui montent. Ceux du nord de l’autre coté du Rio Quilcay encore plus, et les quartiers commencent à craindre surtout le soir tombant. Ceux du centre sont dans le bruyant ou dans le routard branché débranché à je ne sais quoi.


Non ceux que je préfère sont ceux tout de suite à l’ouest de la place d’arme. C’est tout proche du marché, c’est tout proche du centre, c’est populaire classe moyenne et surtout ils collent aux terminaux de bus. Quand on se lève à 4 ou 5 plombes pour prendre le premier bus ou colectivo avec son bardât c’est bien pratique si tu vois ce que je veux dire. De tête il y a le Brits, puis sur une petite rue parallèle à José San Martin qui démarre en face du Brit’s deux autres Virgen del Carmen et Galaxia, au bout il y a truc pour les israéliens parce que c’est écrit en hébreux sur la façade. Ils sont à 25-30-40 soles salle de bain privée, très corrects sans être luxueux. Mais quand on trekke sous la tente c’est pas mieux. Ne pas confondre avec l’agence de tourisme Galaxia au Parque del Periodista tenue par de jeunes merlans mal frits mais qui toi te rouleront dans la farine.

Et enfin un petit pas mal du tout, comme j’aime, de 6 chambres « B&B my House ». 50 soles la piaule avec salle de bain privée et eau chaude. Pour l’histoire il était tenu par un couple assez âgé. Lui Alcide Ames un glaciologue péruvien estimé. Il a fait avec Bernard Francou autre glaciologue mais Français et d’autres des études et des carottages sur les glaciers avant que le Global Warming ne réduise tout en peau de chagrin. En 98 Bernard Francou a sorti un bien beau livre chez Glénat sur cela et sur ses sorties et premières dans les cordillères andines, car c’est aussi un alpiniste. Cela fait froid dans les dos ce qu’il a fait, ce qu’ils ont fait depuis Lionel Terray, ils ne sont pas de notre monde ces mecs là, enfin pas du mien. Puis en 2001 il a fait un documentaire assez sympa qui est repassé récemment sur FR5. Quant’ à Alcide, hélas il n’est plus depuis 2007. C’est sa gentille veuve qui tient la maison toute seule. C’est familial et très tranquille. Un séjour de plusieurs jours permet de négocier un peu les prix. Cette femme là, on voudrait tous en avoir eu une comme elle comme grand-mère. En plus le dimanche matin tu as droit dès l’aube aux roucoulades par haut parleur du curé italien de la paroisse juste en face. Réveil en douceur assuré, pour accompagner tes câlins si tu es venu accompagné.

Question réveil, ne pas aller aux hôtels du « Parque Ginebra », c’est pas la peine, parce que tu ne peux même pas dormir. Il y a une boite de nuit qui fait le bordel jusqu’au lever du soleil – dans tous les sens du terme, mais peut être que cela t’intéresse, toi. Sûr que ces hôtels ne sont pas chers et ont toujours des chambres libres. Bon à savoir, non ?

Restos

Toujours dans le même coin il y a le resto du Brit’s, pas grand-monde, enfin pas des péruviens. Je vais toujours dans les restos où les locaux vont. Plus c’est plein plus je m’engage. Pour dire qu’en face il y a une polleria superbe « Polleria Diana». Pas chère, bonne qualité, vu le débit le pollo n’a pas le temps de se transformer en faisan. Un poulet complet avec son plein de frites et une assiette de crudités, on peut y aller y pas de risque, c’est 12 soles, la boisson en plus mais c’est presque prix coûtant. En rentrant de trek cela fait du bon glycogène. Venir dès l’ouverture. C’est toujours plein. Si une table n’est pas toute occupée, demandes pour t’installer comme à une table d’hôtes. Tu feras la conversation. J’adore les andins.

Les autres restos sur Luzuriaga ne manquent pas. Il y a en particulier le resto « Samuels » toujours plein de péruvien, c’est très correct. La « Crêperie Patrick » en lire le roman qu’en fait le Routard et tu n’y iras, la pire barbaque que l’on m’a filé au Pérou, y a pas d’autres mots, c’était là. Un steak d’alpaca qui avait du être bouilli pour enlever le goût de pourri, puis frit à mort, puis refrit le jour où je suis allé parce que c’est la veille ou deux jours avant qu’on avait dû le bouillir et qu’il n’avait pas trouvé preneur. J’ai joué le jeu, je suis allé jusqu’au bout pour avoir une expérience, je sais maintenant, je ne vais plus dans des restos tenus par des Français ou des occidentaux, tu manges pire qu’ailleurs, tu paies plus cher qu’ailleurs, tu en chies plus qu’ailleurs.

Et puis son coup de l’alcool de coca, de la daube pour bobo que tu paies plus cher qu’un pisco pur single malt ou du Chili, si tu ne connais le pisco péruvien, le vrai d’Inca essaies, c’est aussi bon que de la grappa, et la grappa c’est Hachement bon. Le truc qu’il fait bien, c’est une sorte de muesli-flocon d’avoine sans avoine, avec pas assez de cacahouètes et de noix et de raisin que tu te les rajoutes toi même, mais plein de Kiwicha. C’est aussi riche en protéines sinon plus que n’importes quoi d’autre, c’est la source de protéine végétale la plus légère et la plus riche que je connaisse. On ne le trouve que chez « Ortiz » presque en face.

Éviter les pizzerias, elles sont quelconques pour rester gentil, la tomate c’est pour un tout petit peu de couleur pour la forme, le fromage c’est du fromage de la cordillère super-hyper salé. C’est à dégeut par terre si on la finit. Au « Parque del Periodista » une autre tenue par un français qui se la flambe un peu, elles pourraient être meilleures, au moins elles ne sont pas faites avec ce fromage. Un autre resto à coté mieux mais cher.

Le dimanche mais le dimanche seulement, dans une rue piétonne très excentrée à l’Est, la rue « José Alaya », retiens bien ce nom, on peut y aller à pied, j’en dirai le tracé plus bas, et y revenir à pied, balade sympa en passant pas la colline de Huaraz, le « Cerro Pumacayan », on peut faire des panoramiques de laville et y pisser un coup, parce que le site n’a d’archéologique que la pancarte, c’est limite zone sans être Rue Barbare.

Le dimanche cette rue est le rendez-vous des péruviens qui veulent sortir à medio dia. Elle est en son milieu couverte de stands de grillades et de cafettes – choisir par exemple celle de la Tia Tula au Nº 376. Les menus sont typiquement régionaux. La chicha, c’est l’occasion de la goûter elle est toujours fraîche et suave comme la bière ou les gonzes et comme elles il y a la brune et la blonde. Les plats sont énormes et appétissants. Le cuy, faut pas essayer, il y a rien à gringuer dedans sinon un truc épais gorgé d’huile hyper caoutchouteux qui doit être la peau, on oublie, mais il ne faut pas oublier la Pachamanca, tout n’est pas fameux, les viandes sont à pleurer si la Pachamanca est bien faite, c’est typique et c’est copieux et très sustentateur. Une vingtaine de soles avec une gazeuse.

Maintenant que je l’ai dit, si on est à Huaraz le dimanche, c’est une erreur de ne pas faire cette balade.

Revenons au Cuy, si vraiment tu peux pas quitter le Pérou en restant idiot, tu prends un mototaxi, tu lui dit que tu veux aller ce midi manger au resto « Orillas de Rio Santo », c’est au Nord de Huaraz, un peu loin, il te prendra 5 soles pour cela, le cuy ne découlera pas d’huile de vieille friture et tu n’auras pas besoin de le commander par avance. Mais ce sera un peu long à attendre.

Pour achever ce que j’ai commencé plus haut. C’est tout nouveau, y a pas de blancs becs qui viennent jusqu’à là. Après le pont du rio Quilcay, sur la droite tu remontes une promenade piétonne bétonnée assez sympa pour le Pérou paumé qu’est Huaraz, c’est agréable à midi sous le soleil. C’est tout calme après le mercado que tu viens de te taper et qui t’en a mis plein les lentilles. Cela fait une balade d’un bon kilo. A moitié il y a quelques stands bouffe buvette qui te reposeront. Puis au choix, si c’est le dimanche tu continues plus haut, la promenade en béton se termine, la rive du rio en terre battue jusqu’à l’autre pont et tu rattrapes à droite Confraternitad Este pour aller à José Olaya.

Je ne parle pas des bars, allez vous faire voir. Même le Café Andino Bobo. Il ouvre trop tard le matin, faut qu’ils se réveillent ces petios, il vend des cartes que l’on trouve ailleurs. Le mec te regarde misérablement si t’as pas ta North Face et que ton accent n’est pas anglo-saxon. On passe, de toute façon leur café est à 5 soles, il est bon, mais je ne bois pas de café.

Voilà, y a pas besoin de guide pour se sustenter dans cette ville.

Les Agences Tour operator

Un bien grand mot pour des agences qui ne sont souvent que sous-traitantes des Agences occidentales. Les sérieuses sont peu. Elles sont au « Parque del Periodista » ou au début de Luzuriaga et au « Parque Turistico » derrière Luzuriaga par le passage couvert.

Pour les frimeurs ou pour les alpinistes, ne pas confondre les deux, celles du premier site les plus adaptées. Tout autour et autour du « Parque Ginebra » il y a de bons loueur de matos, tente, duvets, doudoune, etc.

Pour les petits treks de la cordillère blanche, par exemple Santa Cruz, choisir « Montrek » sur Luzuriaga. Une équipe sérieuse et expérimentée, de bons, sympas et jeunes guides andins, une des premières agences à Huaraz, mais comme elle est aussi ancienne que ses dirigeants – demander à voir Sr Pocho, mais ils ne vont pas chercher à te baiser – le matos est un peu comme eux, certaines tentes cela craint un peu, un peu de rafistolage et de réimperméabilisation ne feront pas de mal. Pour un petit trek à moins d’aller totalement en individuel sans prendree de muletier, c’est la meilleure solution et la moins chère.

Pour les randos et excursions d’un jour, aller au Parque Turistico. Choisir « Lucho Tours » et demander Maximo. C’est la best avec le plus de débit. Donc quand on s’adresse à eux on va partir avec eux, dans des bus ou mini bus corrects à eux. On ne va pas être refilé à d’autres pour compléter un groupe. Il faut absolument faire Chavin et le Pastoruri, voir les Puya raimondii qui fleurissent en avril mai. De toute façon c’est à partir d’avril que les sierras sont faisables et elles sont encore toutes vertes et éclatantes des pâturages de la saison des pluies. C’est une splendeur. Idem pour le Choquekirao en mai-juin. Moi j’ai préféré octobre-novembre parce que c’est l’équivalent du printemps donc mieux pour la botanique qui est un de mes dadas.

Dans le passage couvert du Parque Ginebra à José de Sucre, une petite agence tenue par Rommel Soto Roca, un jeune mec très ouvert et sympa. Toujours prêt à te renseigner et parler avec toi. En morte saison il émigre à Cuzco faire le guide. Son agence « quechua EXPLORER », son site idem avec point com. Il loue aussi du matos, peut te racheter le tien, achètes lui quelque chose si tu lui demandes quelque chose, c’est la moindre des choses. La foto du dessous c’est chez lui.

2 réflexions sur “Peru – Huaraz, le vrai Routard (1)

  1. lu sur Forum du Routard message de Kriss b.
     » je suis allée loger dans la famille de Umberto le lundi 17 novembre 2014. Je voulais donc confirmer que cette adresse est très bonne. Bon accueil de toute la famille, chaleureux, de bon conseil et les chambres sont très bien, il y en à 3 avec chacune une salle de bain avec eau chaude. Le quartier est calme et sécure au pied d’une colline à 15mn à pied du centre. Umberto est issu d’une famille de paysan quechua, il est guide et connait parfaitement la région. Et pour finir le tarif est vraiment pas cher ! Repas familial et petit déjeuner possible et généreux ! Le mieux pour le contact est le mail : humbertonaval@hotmail.com
    Bon voyage, la région est magnifique ! »

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