Ne porter que de l’EFFICACITÉ

Pourquoi ?

Efficacité(*), ce terme a été abordé dans le papier précédent sur le «LIGHT», quid donc? Randonner, en plus du plaisir en lui-même, c’est se déplacer (la plus vieille activité de l’homme qui n’a cessée au sortir de sa savane bien que le MULeur taliban y soit encore intellectuellement – à considérer son cyber comportement). Le déplacement est le rapport de la distance par le temps effectué, pouvant être traduit en terme de vitesse par le kilométrage à l’heure, ou bien en terme de capacité par la distance parcourue par jour.

En terme de vitesse, pour aller vite il faut avant tout, être léger, le plus léger possible pour aller le plus vite possible. Il n’y a que cela qui compte et on sacrifie tout à cette fin. C’est le Marathon des sables, ce sont les courses de trail puis d’ultra trail. Elles ne se déroulent que sur un ou quelques jours et le seul but est l’arrivée. Peu importe le plaisir et le confort, l’effort au contraire et la préparation physique. Aucun intérêt pour moi (sans vouloir dire que cela n’en n’a pas pour d’autres).

En terme de capacité, pour aller loin il faut avant tout être efficace(*), pour garder la machine en bon état, pour avoir du plaisir pendant et après la marche, pour arriver au but et dans les temps prévus. Et là c’est beaucoup plus complexe. Il faut considérer quelque autre paramètre que la seule légèreté :

  • organisation et planning,
  • fiabilité et durabilité du matériel,
  • budget à respecter,
  • sécurité et confort,
  • légèreté du paquetage,
  • condition physique,
  • expérience.

La légèreté et l’effort ne sont plus que l’un des éléments du schmilblique et non une seule fin en soi. C’est évident pour moi (sans vouloir dire que cela ne le soit pas pour d’autres).

 Tente Usurpacion de tierras en argentina

Quelques exemples pour bien comprendre

Organisation et Planning

L’étude du trajet et le découpage des étapes permet de prévoir des distances journalières homogènes en terme d’effort, les bons points de campement, les points de ravitaillement, de choisir les agglomérations à traverser :

  • Distances qui collent à ses capacités physiques en respectant des breaks pour se retaper si la traversée est longue ou difficile.
  • Campements pour passer dans de bonnes conditions une nuit réparatrice.
  • Points de ravitaillement pour ne porter que l’eau nécessaire entre deux sources et ne porter que la bouffe qu’il faut entre deux épiceries.
  • Se détourner et traverser le moins d’agglomération possible, génératrices de ralentissement et de pertes de temps.

Le mot important, planifier c’est éliminer les pertes de temps.

Fiabilité et Durabilité du matériel

C’est quand même super de ne rien avoir qui lâche et s’éviter :

  • Des tours et détours inutiles et crevants pour racheter à la ville toujours trop loin, ou bien dans l’impossibilité,
  • Une poursuite de la rando dans le registre «unsafe/ unsecured».

Exemple du bâton de marche qui se plie ou perd sa pointe le 5ème jour parce que conçu ultra light spécial trail et non pour la rusticité du thruhike.

Budget à respecter

Acheter le top du haut de gamme qualité et du sur mesure c’est cher. Ce que l’on ne trouve pas dans le commerce on se le fabrique. L’un permet d’économiser pour l’autre.

Exemple du sac de couchage myoguisé à sa taille sans poids inutile compensant la tente ultra légère ultra chère en Cuben.

Sécurité et Confort

C’est intimement lié à ce quoi doit être le matériel (voir § fiabilité ci-dessus). Mais c’est aussi savoir quoi ne pas sacrifier. C’est-à-dire :

  • Ne pas céder au diktat de la polyvalence absolue, le truc qui fait tout et qui n’est bon en rien.
  • Choisir chaque matériel en privilégiant sa fonction première – protection pour la tente, imperméabilité pour la 3ème couche, thermicité pour le couchage … (voir § Expérience)
  • Si l’on a un doute, emporter le matos. Mais ne pas hésiter à jeter ou donner en chemin.
  • C’est pas top pour moi oublier que confort est synonyme de plaisir, mais aussi de repos réparateur.
  • Oublier que la fatigue s’accumule au fur et à mesure des miles et des jours, et ne pas faire le break dès que l’on sent ses limites, ne m’est pas trop top non plus.

Exemple du matelas gonflable plus lourd mais bien plus réparateur que la mousse. Un bon confort me permet de réduire les breaks donc les pertes de temps inhérentes.

Légèreté du paquetage

C’est la résultante du matériel choisi mais aussi de la bouffe emportée (on ne parle pas de l’eau). Bouffe riche (maximum 400kcal pour 100g) variée et appétissante (voir § Expérience), 400kcal, c’est une moyenne très difficile à respecter, quasi impossible à dépasser.

Il m’est agréable joint à l’utile de :

  • connaître les étapes,
  • estimer les efforts à les réaliser,
  • d’être conscient de mon propre métabolisme en terme de dépenses énergétiques,

pour faire le bilan de la traversée en kcal et n’emporter pour le trajet que le strict suffisant (voir article et feuille de calcul consacrée au sujet) jusqu’aux ravitaillements et ce que je ne pense pas pouvoir trouver à ce ravitaillement. Et pourquoi ne pas tenir compte de mon propre coussin abdominal non négligeable iso thermiquement parlant.

Compter un besoin de 3000kcal par jour est imprudent, 4000 voire 5000 kcal est plus juste pour une bonne rando. Et l’on atteint et dépasse à l’aise Blaise le kilo de bouffe par journée de 10 à 12 heures. J’aime bien avoir les idées bien claires sur tout le sujet, un sujet qui représente quand même 2/3 minimum du poids porté. C’est pas une paille.

Condition physique

L’entraînement pour avoir la forme pour marcher à bonne allure, c’est une chose. C’est autre chose d’avoir la force idoine pour porter le paquetage et ne pas avoir à tomber dans le plus extra léger possible.
C’est évident que le physique de Killian Jornet c’est idéal pour cavaler des miles sans rien sur le dos. Mais seulement, cela dure maximum une paire de jours sur un trajet très balisé plein de stands de ravitaillement. S’avaler des miles et des miles en totale autonomie, c’est bien différent. Avoir un IMC, indice de masse corporelle (**), de 20 pour porter le paquetage 10kg ou plus c’est quand même un peu short.
L’entraînement qui permet d’avoir la bonne masse musculaire s’acquiert tout au long de l’année et doit venir en complément des séances de course-fractionné-fartlek.

C’est par exemple, lors des courtes sorties de WE s’enfiler un sac en surcharge pour développer les muscles du torse qui seront sollicités.

L’expérience

C’est pas mal de savoir ses faiblesses et ce que l’on préfère durant une rando longue durée. A la longue on connaît ses besoins basiques qu’il n’est pas toujours évident de traduire par une énumération des fonctions que le paquetage doit remplir.

1– Courte liste des fonctions que le matériel doit impérativement satisfaire, en sacrifiant sans hésitation le reste.
Rapides exemples :
Toute imperméabilisation est inutile lors d’une traversée en saison ou pays secs.
Protections indispensables en zones infectées par les universels moustiques et «sand-flies» diaboliques.
N’emporter que du précuit, du mangeable sec ou à réhydrater… Rien pour chauffer et cuire.

2– Courte liste de ce qui gave définitivement. Sans toutefois ne pas avoir à l’esprit qu’en altitude :
– l’appétit disparaît et donc qu’il faut le stimuler à chaque fois,
– et que certains aliments deviennent rébarbatifs à ingérer parce qu’il faut trop les mâcher dans le manque de souffle.

3– Vigilance sur les nouveautés à tester lors des sorties au cours de l’année, et se méfier de toute trouvaille ou recommandation par MULeur talibanisé.

Au final

On a comprit que je privilégie un critère plus important que la légèreté. C’est le gain de temps apporté par l’efficacité. C’est-à-dire pour moi :

  • Une tente qui se plante et s’arrache en moins qu’il ne faut pour le dire,
  • L’abandon de chauffer ou cuire la bouffe pour les randos en basse altitude,
  • Le refus des randos en conditions extrêmes – froid, haute altitude, saison des pluies …
  • Le sac à dos efficace et de bon volume pour avoir tout à portée sans être obligé de tout tasser ou déballer,
  • Le matos mono fonctionnel (polyvalent seulement par défaut) qui m’ évite la bricole et les prises de tête.
  • L’entraînement à la mise en oeuvre et à la rapide utilisation dudit matos,
  • L’entraînement à l’automatisme des taches routinières au campement, et l’optimisation des départs très matinaux.
  • La mise au chaud préalable, du muesli matinal pour la nuit dans la couette, des nouilles de la journée et du soir une heure sur la couenne.
  • La veille, la révision de l’étape du lendemain et de son relief pour limiter les arrêts de reconnaissance et les erreurs de parcours,
  • Démarrer chaque traversée déjà en pleine forme pour essayer d’avoir ses premières journées au même tempo que les suivantes.

Et cela me donne quoi ? De super journées de marche pour presque autant de distance que «Speedy Gonzalez» qui perd son temps en préparation inadaptée quand il n’arrive pas stressé comme un babouin.

Woh c’est trop Cool!
Oui ? Non ? Up to you Man.


Efficacité(*)
Pourquoi ne pas retourner au Bescherelle – Monument élevé à la gloire de la langue et des lettres Françaises – que je préfère au Robert des bobos.
« Force qui détermine d’une manière certaine et infaillible l’effet qu’une cause est destinée à produire – du latin eficacia, les choses efficaces. C’est pas trop clair, soit, mais l’origine latine l’est.

Efficience
Ya rien dans le Bescherelle, à croire que le substantif n’est pas trop français. Moi non plus je ne vois pas bien ce que ce que cela veut dire, sinon une introduction de rendement à la notion en question.

Au bobo modo muleur efficient peu efficace
Chaque fois que la critique, faute d’argument, est sur la forme au lieu du fond, c’est la caractéristique du bel esprit d’instit, façonneur de pensée unique et d’OGM. Fierté de notre beau pays universel qui règne en France depuis ces 10 dernières années en toute efficience que le reste du monde nous envie.

8 réflexions sur “Ne porter que de l’EFFICACITÉ

  1. Préambule du post dans le Forum des MULeurs

    C’était clair pourtant. Non ! Bordel de merde


    Ce n’est pour être ni provocateur ni imprécateur. C’est un papier de réflexion que je viens de mettre dans mon blog et qui pourrait intéresser quelque randonneur cheminant ici. Si on n’est absolument pas d’accord parce que c’est de la merde, on n’est pas obligé d’envoyer des insultes, on fait comme moi dans ce cas là, je ne lis pas jusqu’au bout et je passe. Si on ne le trouve pas tout à fait pertinent ou inexact, les commentaires contraires ou complémentaires ne sont pas inutiles.

  2. ouahh !
    Tu t’es fait allumer dur chez RL, tu comprends pourquoi je n’y pose le pied, j’y survole, je papillonne …
    En tout cas good ton article, même si c’est vrai cela parait écrit rapidement. Cela te ressemble peu, mais on comprend bien
    saludo

  3. En effet, c’est un peu ma faute et comme tu me l’avais demandé j’ai dû faire vite. Je ne savais pas trop quoi dire au début sur ce que tu avais soulevé, puis c’est venu d’un coup, sur un coin de table. J’aurais du mieux me relire. Mais bon l’important c’est l’idée et que tu l’ais comprise.
    Et puis cela ne m’a pas trop déplu à vrai dire. Je le re-écrirais au calme dès que j’aurais un peu de temps. A good Bye en tout cas

  4. I just could not depart your site prior to suggesting that I actually enjoyed the usual information. Is going to be back frequently in order to check out new posts

  5. C’est mieux, en effet c’est plus précis. Mais c’était très clair auparavant tu sais, fallait être un enchuleur de mouches. Bon article de synthèse dans le style qui t’es propre.

  6. Très compréhensible. En effet une notion novatrice qui nous change de tout cet ultra light qui commence à être un peu « lourd » . 100% d’accord avec toi.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s