Madére – Traversée Ouest/Est J6

Resize of Cruz da Guarda (05) Carrefour fin-cote vers LaranoLarano

On continue la route de crête de Cruz da Guarda jusqu’à son bout. Juste avant le carrefour, il y a une fontaine à droite coté du rio.
Là non plus la carte n’est pas bonne conseillère. Passer le pont puis prendre la petite route qui monte à gauche. Avant de longer la falaise de bord de mer on aperçois les marches à gauche du chemin qui vient de Porto da Cruz. On continue plein est pour atteindre Larano, un petit bled de maraîchers et de résidences secondaires. Le goudron est pas trop méchant et il fait frais de bon matin. Compter une heure et demi pour atteindre la Vereda.

Vereda da Boca do Risco

On passe devant de vieux postes téléférique-tyrolienne qui permettaient d’atteindre de maigres parcelles en bas au borde de mer. Le point de départ de la Vereda est marqué par une grosse manguera noire qui crache sa flotte. Le sentier est bien entretenu et fréquenté. Au premier tiers on passe une Ribeira grâce à un petit pont en planches assez épique mais tout aussi savoureux. Souvenirs. Aux 2/3 ce sont les passages vertigineux. Là aussi pas vraiment permis de glisser. Gare à ne pas servir de hamburger à vautour 400 mètres plus bas. Souvenirs. Les vues sont magnifiques. Le panorama de bon matin sur les brumes de la presqu’île de Sao Lourenço tout autant. A mon avis c’est le plus beau sentier de l’île avec le PR17 et la Levada da Serra.
Resize of Vereda do Boca do Risco (14) Ponta do Lourencao

Vereda da Caniçal

Lorsque le sentier de Boca do Risco est terminé, prendre à droite pour descendre vers Ribeira Seca. A peine 100 mètres, une sente part à gauche. Elle est bien marquée, fréquentée et entretenue. Elle permet de continuer soit vers Caniçal si on continue les crêtes à l’est, soit vers Machico par les crêtes du Castanho au sud. On atteint cette bifurcation une fois atteinte la ligne de crête dans les fougères.
  1. Le premier chemin est le plus court, on continue tout droit dans les fougères puis les eucalyptus. On ne monte plus guère puis on descend pour finir par déboucher dans des huertas bien entretenues pleines de choux. Les premières ne sont pas irriguées elles profitent des brumes et petites précipitations d’altitude. Puis on atteint une levada. Puis une route qui mènera au centre de Caniçal toujours en descendant. C’est bien simple, à Caniçal pour ne pas se paumer, faut descendre. On finira ainsi par toujours arriver au petit port et à la zone industrielle. On peut éviter ce bled, surtout qu’il n’y a aucune pension, du moins je n’en ai pas vu. Eviter Caniçal après la bière fraîche dans un des innombrables bars qu’il y a. Le bus 113 circule dans toute la partie basse de Caniçal. C’est pas évident de savoir ce quel côté et à quel arrêt attendre pour aller au parking de la Ponta do Sao Lourenço. En principe c’est le côté gauche, vue vers l’amont. Demander, c’est le meilleur moyen.
  2. Le deuxième chemin est beaucoup plus long et il est pas mal. C’est le dernier que l’on fera sous les arbres. On va se faire tous les sommets de ce petit massif. Après le dernier et la belle vue sur toute cette partie Est de l’île, on atteint les premières huertas d’altitude dans des eucalyptus qui ont cramés il y a peu. Puis une route cimentée, prendre toujours les cotés gauches aux intersections. On atteint assez vite la vieille route ER214 à sa sortie du tunnel. Attendre le bus 113 qui passe toutes les heures pour aller jusqu’au parking de la Ponta do Sao Louenço. 1,25€, c’est pas cher pour s’éviter la ville et la dizaine de kilomètres en plein désert et cagnard, totalement inutiles.Resize of Vereda Boca do Risco-Canical (01) Debut sentier

Ponta do Sao Louenço-PR8

Le bus SAM 113 a son terminal au parking. L’arrêt est à la rocade juste à la roulotte qui vend mousse fraîche et ice-creams. C’est bien pratique pour retourner ensuite sur Machico. Consulter l’horaire pour caler son retour du PR8. le dernier n’est pas très tard et le premier très tôt. L’aller de cette ballade se fait en 1 heure.
Pas grand-chose à dire. C’est hyper touristique, cela gâche un peu surtout pour cette fin de traversée. J’avais imaginé mieux. Il n’y a plus rien de sauvage et authentique.
A la case de la Sardine, qui est fermée en hors saison, il y a une aire de pique-nique une belle terrasse et un paellero pour bivouaquer. Se planquer dans un coin et atteindre le dernier touriste parti pour s’étaler, pieuter et profiter du dernier crépuscule sur l’île. Ça c’est hachement top, dans cette belle lumière et enfin la tranquillité. La presqu’île est toute à toi.

Resize of Machico Gare routiere SAMMachico

Prendre à la rotunda le bus pour Machico, c’est 1,25€, on y est en ½ heure. A Machico on descend à la gare routière de la rue du Général Aguiar.

Conclusions

La traversée de l’île s’est faite en moins de 6 jours sans trop forcer ni cavaler. On peut faire plus, on peut faire moins.
C’est dommage qu’il y ait cette partie de goudron sur la route du plateau Paul da Serra.
C’est dommage aussi que certains sentiers commencent à être fréquenté par les bikers. Je n’en donne pas pour longtemps si cela continue, d’autant que la pluviosité est fréquente.
C’est dommage aussi qu’il n’y ait un grand GR qui fasse l’île comme le GR221 de Mallorca.
Faut pas s’enquiquiner avec les autorisations (une semaine pour la réponse) et les interdictions de camper en dehors des maisons forestières donnés pas la Direction des eaux et forêts (consulter le ficher « Locais para acampar.kmz ». Je n’ai vu ni personne ni aucun contrôle. Mais demander c’est mieux, question sécurité (utiliser le formulaire donné dans un autre article).Resize of Vereda Boca do Risco-Canical (05) Vue sur Boca do Risco
Il n’y a plus de problème d’incendie dans la partie centrale, car ce qu’il y avait encore à cramer l’a été courant l’été 2012. Reste l’ubac, les versants nord sont encore bien boisés mais heureusement beaucoup plus humides. Les feux semblent avoir tous partis du bas. Sans doute des restes ataviques de culture sur brûlis de la part des quelques éleveurs et cultivateurs locaux.
Ce ne sont sûrement pas les randonneurs à l’origine. Cependant on peut se passer de réchaud si l’on choisit bien ses menus. C’est mieux ne pas emporter d’allumettes, on ne sait jamais.
Il n’y a pas de problème d’eau sauf sur le plateau Paul da Serra. Il n’y a aucun point de ravitaillement sur l’itinéraire choisi, donc partir avec toute sa bouffe pour 6 jours.
Je n’ai vu personne qui faisait cette traversée, dans un sens comme dans l’autre. Je pense que Ouest-Est est mieux, car on se rapproche de l’aéroport, c’est plus facile en cas de pépin éventuel, et plus sûr pour être à l’heure à l’avion.
Je n’ai vu personne aux bivouacs ni aux campements, ni tente ni rien. Donc pas grand monde fait du hiking.
Rencontres : il y a beaucoup beaucoup de touristes, beaucoup de retraités bavards, beaucoup de bobos avec des ampoules plein les pieds dans des grolles toutes neuves, personne pour te prendre en stop, pas beaucoup de randonneurs en fait. Autant dire que la solitude est quasi certaine pendant 6 jours.
C’est une belle traversée, en résumé, mais relativement hétérogène, avec des passages longs et pas intéressants du tout. Pour les pressés, en partant de la maison forestière d’Estanquinhos du plateau de Paul da Serra, c’est un bon démarrage pour la meilleure et la plus belle partie du circuit. Ce sera donc 4 jours.

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4 réflexions sur “Madére – Traversée Ouest/Est J6

  1. Hello Mayake.

    Si je puis me permettre, quelques compléments d’infos :
    « Faut pas s’enquiquiner avec les autorisations (une semaine pour la réponse)  » : j’ai obtenu les miennes en 2 heures à peine, par mail. Et comme je n’avais indiqué aucune date précise pour mes BV (j’aime pas tout planifier), ils ont été très larges en indiquant des fourchettes de dates qui ont plutôt convenu. Et à la pleine saison, mieux vaut avoir une autorisation si l’on décide de bivouaquer à proximité d’une Maison Forestière. Évidemment, ce n’est pas ze Great Wilderness mais bon.
    « Il n’y a pas de problème d’eau sauf sur le plateau Paul da Serra » : on en trouve aux maisons forestières de Bica de Cana et Lombo do Mouro ainsi que sous le Pico Ruivo do Paul.
    « aucun point de ravitaillement sur l’itinéraire choisi » : on trouve des « bolo de mel » (intéressant en terme énergie/volume/poids) et des sandwiches dans tous les bars.
    « passages vertigineux vereda Boca do Risco » : il y a des mains courantes.

    Personne ne t’as pris en stop ?? Ce n’est pas possible, tu as du leur faire peur😉

    Très bien ton REX. Merci pour tous les détails très riches et précis.

    Wren

  2. Re: Wren et merci de tes précisions.

    – Concernant l’eau sur le plateau tu as raison, j’aurais du être plus précis. Je voulais dire entre Rabaçal et l’entrée du PR17 après la MF de Estanquinhos (hormis le resto après Rabaçal) – pour les autres points merci de tes précisions, mais je ne sais pas si ces MF sont ouvertes tout le temps, je n’y suis pas allé. Je te remercie de pouvoir préciser s’ils sont disponibles même si la MF est fermée. Dans ce cas je les pointerai sur les cartes de l’itinéraire. Cette eau c’est quand même mieux que de la flotte puisée dans une levada puis stérilisée.
    – Concernant le délai et l’autorisation, c’est ce que j’ai eu avec des dates et un itinéraire précis. Je vais mettre le formulaire, le nom du correspondant et les points de campement qu’il m’a envoyé dans l’articles  » Madere – Itinéraire de la Traversée « . Je ne suis pas du tout persuadé de la pertinence du truc.
    – Concernant les sandwichs et les bars, oui tu as tout à fait raison. cependant il n’y en a pas partout – ce qui est bien dans la carte de « Tour & Trail », c’est qu’ils sont bien pointés. Ce n’est pas trop ma philosophie de hiker ce type de ravitaillement, mais ça c’est un avis perso.
    – Concernant Boca do Risco, en effet il y a les cables de main courante. Cependant en 2 endroits ils sont arrachés par des éboulements, l’un faisait plusieurs mètres. Et puis il y a la sorte de pont en planches, mais bon cette chute éventuelle ne serait que de 5 metres.
    – Concernant le STOP sur le plateau Paul da Serra, ben oui, je devais avoir une sale gueule, enfin la même que tous les jours, ma douce s’y est fait à la longue ;-))
    – Concernant hébergement Pico do Ruivo, je réponds à ton précédent commentaire. J’ai baragouiné avec le vieux qui garde le refuge – sais pas trop l’english et moi le portos – de ce que j’ai pu en déduire,
    * c’est la propriété des Eaux et Foréts de Madère.
    * Il n’y a rien niveau hébergement-restauration, il faut donc tout ammener soi-même
    * et avoir un guide reconnu qui connait les sentiers non balisés
    * et donc être totalement autonomes
    * Je crois même que le vieux rentre chez lui chaque soir et qu’il n’y a personne la nuit, en tout cas en hors saison
    Dans ces conditions, il y a moyen de s’arranger avec la direction de Funchal, celle qui donne les autorisations. C’est une info non vérifiée , et à ne prendre que comme telle.
    – Concernant ton commentaire final, c’est très sympa. En effet ce blog ne sert que pour les autres, je n’y gagne rien et cela me donne plus du tempsque d’autres choses, et l’ego je m’en fous. Mais si tout cela pouvait profiter à d’autres randonneurs pour préparer leur trip …

    Ton retour et ces compléments que tu donnes, c’est très chouette, j’y suis sensible. Merci à toi

  3. Hello Mayake

    – L’eau : pour la MF Estanquinhos, le robinet est à l’extérieur (comme pour toutes les MF d’ailleurs). Elles ne sont pas toutes occupées tout le temps (je crois que les gardes font des rotations). L’accueil est généralement bon et on trouve tj un emplacement de BV à proximité, avec emplacement pour BBQ. Luxe, non ?
    – L’eau (suite) : emplacement de pique nique (avec tables, coins BBQ et fontaine) sous le Pico Ruivo do Paul à Fontes Ruiva. Depuis le sommet 10 mn à pied en tirant sud-ouest par un sentier raide et caillouteux mais bien marqué. On peut camper sur la grande pelouse à proximité.

    – Délais et autorisation pour le BV et « pertinence du truc ».
    En haute saison, avec les risques d’incendie, les gardes se montrent moins cool concernant le BV sauvage. Voire même pas cool du tout : il suffit de lire les compte-rendu des administrations locales pour voir que le camping sauvage leur pose un réel pb dans certains coins.
    Pas de pb pour être autorisé à camper, sur place en basse saison car peu de monde sur les sentiers (et très peu de gens qui comme nous font de l’itinérant). L’été, par contre ? S’il y a foule au coin BV, je pense que l’autorisation peut faire la différence et éviter de se faire refouler.
    Il suffit d’écrire là : drf.sra@gov-madeira.pt (en portugais de préférence).

    – Refuge Pico Ruivo : le « vieux » dort sur place. On peut s’y restaurer et boire (la poncha). Le gardien nous a affirmé que l’on ne pouvait absolument pas y dormir. De toute façon, le BV sur la plate-forme sous le sommet est superbe.

    Wren

  4. Merci pour toutes tes précisions Wren, ce sera utile à qui fera aussi la traversée. Solo on ne peut tout savoir😉

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