Cap-Vert – Traversée de Santo-Antao – J1

CaboVerde2013-B-00 Santo-Antao carte J1.

Humidité importante
Température douce le matin
Température supportable ensuite
Temps beau en début de journée
De + en + couvert ensuite
Eclairs de chaleur en fin AM
Nuit de merde
Départ 7h
Fin redescente Tarrafal 9h
Début chemin MT retour 10h
Bateau pour MT 11h
Casa Manuel-Silvestra 17h

À 18h30 il ne fait plus jour jusqu’à 7 heures

Redescente en refaisant le chemin de la veille. La ribeira me parait toujours impraticable. Sans doute il faudrait trouver un guide. Mais après quelques questions posées au pueblo, on tombe des nues, personne ne semble savoir que l’on peut monter au Tope de Coroa par là. Pourquoi ce chemin et ces lacets pavés pour monter à l’éperon du Gudo ? La lubie d’un administrateur ingénieur portugais du passé ?

Je prend donc la route pour Monte Trigo. C’est raide, désagréable, panoramiquement nul, même pas au bord de la mer. Je rebrousse rapidement. Pas d’envie. Les pêcheurs qui glandent devant le bar à coté de la casa de David et Camille n’attendent en fait que cela, le gogo qui veut aller à Mountrigue sans se faire chier.

C’est parti, on double les spots de plongée du précité. La mer est généreuse en mérous dorades et snapers. Une espèce de cotre sans voile grouillant de pêcheurs désœuvrés et louche dingues relève ses filets posés la nuit. La côte est rocheuse et méchante. Petite heure pour débarquer à destination. Si on est pressé demander à couper tout droit et non longer le bord.

Faut se mouiller pour débarquer sur les galets. Passer par la rue centrale du village pour prendre le chemin du Norte qui commence à sinuer à gauche. Les gens paraissent rapidement beaucoup plus cool qu’à Tarrafal qui ne m’a pas paru trop sympa.

Montée longue mais pas trop méchante pour atteindre le llano du plateau. Beau et vaste espace vert, ce versant du versant du volcan. Le chemin est pavé dans toute la partie qui monte. Les variations de vert pourraient faire croire que ce sont de beaux herbages. La végétation est en grande partie composée par des herbes incomestibles et de chincho. C’est une sorte d’aromate cousine du huacatay que l’on trouve aussi au Pérou. Peut être que c’est une invasive qui vient de là. Donc peu de bétail malgré ces étendues vertes. Belles euphorbes arbustives dans le lit des ribeiras. Pas d’eau, pas d’arbre nulle part.

Pas mal de ravins, puis on rejoint la zône de culture dès que l’on passe au nord. Le chemin principal se divise partout. Continuer à toujours prendre le plus important ou le plus fréquenté coté volcan. On rencontre souvent des cases en pierre et chaume de canne protégé pas des filets en plastique. Elles sont très souvent désertes et fermées au cadenas, cabanes de champs pour cultivateurs. Puis elles sont plus souvent habitées pas des gens, parfois limite misère à l’intérieur et fripes à l’extérieur. Les champs de mais-haricots, patates-pomme de terre sont propres. Cela va rapidement dans tous les sens.

C’est le labyrinthe du Norte qui commence. Pas de panique. On est dans un île donc pas moyen de se paumer. Il faut continuer au flair et dès que l’on quitte cette zone de cultures plus ou moins en terrasse dans le versant Nord Ouest du volcan, on va suivre un des chemins du vallonnement Nord Est. Et sur la cime de l’un d’eux va apparaître la maison de Manuel & Silvestra. Pas moyen de se tromper, on ne verra qu’elle. Leurs coqs ont une drôle de manière de cocoricoter. Cette sorte de sirène, c’est ton comité d’accueil. Leurs poules et leurs chèvres se baladent partout depuis longtemps. c’est le signe que tu approches.

Tu verras sans doute la rombière à son mortier ou à son foyer de plein air. Elle est tout le temps en train de bosser cette femme là. Elle parait un peu revêche, timidité et gentillesse rentrée. Le Manuel va se pointer en fin de journée s’il n’est pas en train de bidouiller dans une des nombreuses cabanes ou étables en pierres sèches ça et là. C’est lui qui va te dire comment t’installer.

Le chien noir va t’insulter de loin. Les gamines de la maison et la géniture aînée vont arriver petit à petit. Silvestra va te proposer un bidon d’eau pour te nettoyer. Tu fais le plein en flotte que tu filtres. Tu vas te faire zieuter en cap avec de grands yeux silencieux. Puis le dîner est sustenteur et généreux dans la pièce principale avant qu’il n’y fasse trop sombre.

C’est aussi le point de rencontre ou l’escale des autres nomades du plateau. Ils s’y arrêtent même en plein noir se dirigeant on ne sait comment dans les hautes herbes, pour bouffer et débâter le chargement de leurs mules. Tout le monde va jacter sur ton compte à voix mi-basse.

Tu vas te faire proposer quelque chose qui ressemble à un galetas encombré de choses de toute sorte. Tu refuses gentiment et c’est sans doute là que les mômes vont s’entasser pour dormir.

C’est mieux pour toi dehors sur la terrasse de derrière qui est en fait le toit de la grande citerne de 70m3. il pleut réellement un petit mois par an ici. La famille doit sans doute vivre aussi en ravitaillant en eau les cultivateurs du versant.

Les muletiers partent de nuit, Manuel dès le bon matin. Silvestra avant tout le monde, le chien n’a pas dormi du tout et a gueulé tout le temps après les autres qui errent en quête des poules à béqueter. Toi t’as plombé tellement t’étais mort. Les gamines vont partir avant 8 heures pour l’école. Si tu n’es pas sûr de toi tu te démerdes pour avoir tout fini et déjeuné avant si tu veux qu’elles te montrent les premiers chemin.

Tu paies en partant, à Manuel c’est mieux, il va revenir après avoir soigné les bétes. Ce fut 1500CV€ pour moi. Je n’ai pas discuté mais remercié beaucoup tout ce gentil monde avant de partir.


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5 réflexions sur “Cap-Vert – Traversée de Santo-Antao – J1

  1. Comme nous avons été dégonflé hier, aujourd’hui c’est la journée de folie !! 6h30 en route, montée au Tope de Coroa, puis traversé du plateau de Norte et descente à Cural das Vacas. Il est beau le plateau tout vert ! Mais cela manque d’eau à boire tout cela ! Il nous a manqué tes infos !

  2. Ah oui, fallait attendre mon retour pour lire ces articles. C’est beau tout ce vert Hein ? Je n’ai pas fait cette partie du plateau que vous avez traversée, « Campo Redondo » etc. c’est comment ?

  3. Un cheminement sans aucune difficulté nous a amené jusqu’au pied de la « rampe » qui monte vers les sommets du Coroa. Dans un premier temps on suit la piste routière, puis on contourne les volcans par la gauche. On marche pratiquement à plat.
    En s’approchant du Pia, on voit le chemin (un tas de scories volcaniques qui roulent sous les semelles) qui s’élève en lacet. RAS jusqu’au sommet, le chemin est bien clair. La caldeira est superbe. Et c’est l’assaut final ! A peine deux heures de grimpette avec nos sacs (on est nul, on va reprendre le même chemin au retour !!) et mon petit niveau de marcheur.

  4. Il faudra vraiment que j’y retourne un jour. C’est trop bête de n’avoir pu monter en haut de ce volcan à cause de la pluie. Je ferais sans doute votre itinéraire et redescendrait sur Tarrafal pour au moins arriver à faire ce tronçon. Et puis me la couler douce qq jours là bas. C’est tellement cool.

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