Camino Primitivo en 6 jours (2)

Les choses sérieuses commencent. Dès protron jaquet on voit défiler tous les pèlerins déjà au pas de course. Si l’on n’a pas lu mes remarques en préliminaire, comme moi le premier jour, on se demande ce qui se passe. Ils ne te disent pas bonjour, ou à peine, pas le temps. Comme ils n’ont quasiment rien dans la musette qui leur sert de sac à dos, ils filent comme des dératés, et comme ce sont principalement des jeunes, cela te fout un sacré coup au moral, Tu te dis, ben merde, je suis plus dans le coup!

Oui, mais ils ne vont faire que les 20 km. La bouffe, ils la prennent dans les restos-bar rencontrés. Si bien qu’à ton allure de Hermanni Hermanni, tu en recroiseras la grande majorité. Et puis tu vas allonger les étapes petit à petit, si bien que tu vas faire en une journée ce qu’ils mettront deux. Le plus marrant, c’est que quand tu vas arriver épongé le soir au bout de tes 40 ou 50 bornes, alors qu’eux sont tranquillement depuis plusieurs heures en train de siroter et de jacasser aux terrasses, ils te regarderont comme un minable, et répondront avec condescendance à ton salut. Ah que c’est beau l’esprit dans ce Camino. Bon, passons, on est venu pour la balade, pas pour faire dans du social.

—xxx—

De l’étape précédente, il faut éviter de rester ou de s’arrêter à Grados, c’est crade, les bistrots sont plus chers qu’ailleurs, la mousse est chaude comme pisse et hors de prix comme si un parrain rackette tout le coin. Beaucoup de fontaines ou de points d’eau tout au long de la première étape.

Il en sera de même en principe pour toutes les autres, sauf entre Borres et Berducedo, ainsi on peut ne porter qu’1 ou 1,5 litres. Par contre prévoir plus si l’on compte bivouaquer en dehors des villages.

La chaleur quelle que soit la saison est beaucoup moins à craindre que la pluie ou la bruine. Les Asturies et la Galice sont plus pluvieuses que la Bretagne et toute l’année. On peut avoir à marcher toute la journée sous l’eau. Une cape ou un imper porté en cape ce sera précieux.

Jour 2 – San Juan / Regueiro de Robleu (Tineo) 20 km

Petite étape pour se rattraper des efforts effectués la vieille en un seul après midi. Pas grand chose à dire, Enfin on retrouve des chemins en terre. Le balisage est excellent, une « concha » bleue à chaque intersection. Il en sera ainsi tout du long, du bon boulot.

Si l’on n’a pas besoin de s’arrêter à Tineo, cela tombe bien. A l’entrée dans la ville, de suite à droite on prend le chemin qui la quitte. Ne pas oublier de faire le plein à la dernière fontaine en sortie de ville.

Pour trouver un coin pour planter la tente il va falloir faire un bon bout de chemin. Ce n’est pas gênant car la vue est belle sur le complexe de vallée en pâturages.

Jour 3 – Regueiro de Robleu (Tineo) / Berducedo (40km)

C’est la belle étape. Elle sera longue, elle va monter pas mal. Il y aura les plus panoramas et enfin de la montagne, à vaches ou à moutons toutefois, de la botanique. A Borres, si l’on n’a pas le plein en bouffe et eau pour la journée, c’est le moment, il ne restera qu’une source pour les petites tête avant le camino de los hospitales et jusqu’à Berducedo. Les hospitales sont en fait les ruines de bergeries ou de haltes le long de ce chemin de crête.

Je n’ai pas suivi vous l’avez compris le chemin traditionnel par Pola de Allande, mais la variante, et c’est ce que je conseille à toutes et tous. Mais rien de méchant même si l’on monte dans plus de 1000m, holala alors!

Berducedo, le gros bourg d’étape, plein de pèlerins. Parce que se joignent ici ceux qui viennent de Pola et ceux qui ont pris par les « hospitales ». La petite épicerie à coté du bar resto sur la rue principale en arrivant est salvatrice, le pain en miche fait de « massa madre » est inoubliable et se conserve plusieurs jours.

Pour ceux qui trouveront tous les lits pleins, car se sera le cas, ou qui le craignent, on peut s’arrêter au village précédent « Lago », l’église y a un porche gigantissime et accueillant. Si les fontaines publiques y sont sèches ou bouchées, le bar en sortie de village a tout ce qu’il faut pour ne pas tomber inanimé.

Sinon continuer jusqu’à La Mesa. Il y a un gite municipal, mais rien d’autre.

2 réflexions sur “Camino Primitivo en 6 jours (2)

  1. Bonjour Jacques et merci pour ces topos de randos alléchants. De notre côté on n’a pas touché terre depuis cet été. Si vous avez un moment on pourrait se raconter nos dernières aventures: J’ai toujours ta carte de la Reunion qui est restée pour nous à l’état de carte… un abrazo. P+L

  2. Salut Patrice, content d’avoir de vos bonnes nouvelles. Cela fait un moment … vulnerant omnes ultima necat … comme le temps tourne! Oui ce serait une bonne idée. Et si on se faisait à deux une petite rando de quelques jours un de ces quatre. En autonomie dans le massif de Els Ports ? C’est juste à 2 heures, avant Tarragone.

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