Montenegro Albanie Kosovo – PoB étape 5

de Cerem à Theth
de Doberdöl à Cerem

Réveil pas plus facile que la veille, mais l’antibio commence à prendre le dessus. Programme de la journée du cool, cool parce qu’elle va être fraîche le plafond des nuages est déjà salement menaçant, cool parce que les jambes il y en a plus trop. Comme d’hab. Manol fait son feu en retard et dans la précipitation, comme d’hab. il se fait engueuler par le patriarche, comme d’hab. tout le monde se réunit autour du fourneau en tôle. Comme d’hab. on ne se comprend pas mieux que la veille et on se sent tout gêné de ça. Je demande au jeune couple si finalement ils vont le faire ce Gjeravica. Ils sont moins affirmatifs, la pluie se fait encore plus craindre de ce coté. Ils capitulent prennent un petit gros dèje comme moi. Et je crois bien qu’ils vont glander la journée ici et la mettre à profit comme cela.

Je pars en me cassant la gueule dans les mottes, les genoux ne sont pas assurés, cela va être ainsi toute la matinée. J’atteins le chemin au bout de l’estive, les marquages rouges et blancs sont nets et réguliers. On passe souvent dans de belles hêtraies. Des estives isolées abandonnées ou pas encore occupées ça et là. Puis une gravel road toute neuve. J’abandonne le chemin, j’en ai marre des hêtres, on ne voit rien dessous. C’est plus ou moins une belle route de crête dans la forêt, puis elle en rejoint d’autres en très mauvais état. Comme il pleut encore beaucoup  et que les écoulements ne sont pas débouchés, ce sont des marigots de boue un peu partout. Je me demande comment ils peuvent passer en 4*4 là dedans. Le GPS me guide bien.

Je dépasse par le haut Balqin sans le savoir puis arrive à un croisement sur un col. Le chemin d’Endrit y arrive aussi, je vois un marquage mais rien de l’autre coté là où il devrait continuer en descendant l’autre versant. Je prend la route tout droit en lacets. Deux mecs à cheval attendent, des gueules de bandits mais déconneurs comme pas, ils attendent des bagnoles pour les décharger sur leurs montures et faire le trajet à des estives où ne peuvent aller lesdites bagnoles. Ils gagnent leur croute comme ça. Ils me déconseillent le chemin balisé, de toute façon je n’en n’avais pas l’envie : du cool et plus de sous-bois et la pluie menace continuellement.

Cette route s’avère bien plus longue, mais on domine les reliefs, il y a une certaine activité, c’est le week end, beaucoup de tout-terrains chargés comme pas possible, parfois des bêtes dans des remorques. Tout ce petit monde vient fuir les villes surchauffées, peupler les alpages pour l’été, faire du bon fromage bien salé. J’assiste à quelques beaux enlisements, un peu d’expérience me permet de guider quelques uns, par gestes, regards complices de remerciement. Une belle petite route de l’impossible. Des petits hameaux ça et là dans un fourmillement actif et des tout-terrains que l’on décharge partout. Ce n’est pas possible, ils se sont donnés le mot.

Une dernière croupe boisée à passer et se dévoile avec son couvercle du plafond gris épais de nuages la vallée de Cerem, une tranchée profonde et au fond le lit graveleux de la rivière. Le chemin balisé du PoB avait rejoint la route depuis quelques temps et là où il la rejette, une baraque qui fait cafette avec une grosse affiche qui se veut accrocheuse, des mecs qui ont une GH à Cerem ont fait succursale ici. Pas soif, Sorry, je descend dans le pré. La descente est parfois raide, assez longue, j’aime mieux aujourd’hui que ce soit dans ce sens. Et puis les premiers champs, les premiers arbres fruitiers, tout est gris, cette fin d’après midi est sinistre. IMG_1301 Cerem GH Hysen Sula bibi
Une des deux premières maisons, c’est celle de Hysen Sula, il y a une bagnole, il n’y a personne, l’autre à droite doit faire aussi GH puisque son proprio en est sorti et essaie de me racoler. Un très grand mec mince arrive, un panier de cerises jaunes dans une main. Il est jeune la trentaine, la coupe en brosse, assez timide mais semblant déterminé. Il me montre son vieux canasson. Il l’aime beaucoup, il est sur sa fin il a au moins trente ans et n’a plus de dents. On entre, Il me fait m’installer dans sa salle à manger-salon, je me suis déchaussé à l’entrée. Le poêle ronfle pépère, il fait bon comme tout ici. On commence à papoter avec un bouquin anglo-albanais de conversation courante. Le bouquin est nul, on n’y trouve rien, pas évident tout ça, il finit par me faire gouter ses cerises, pas de pot, elles n’ont pas du tout de gout.

IMG_1300 cerem GH bouffeSa jeune et jolie épouse arrive d’on ne sait d’où. Le tchai, tisane aux herbes de montagne, fait passer le manque de coca. La table est mise rapidement. Puis le petit de la maison arrive de l’école, encore plus emprunté que le paternel. Je mange le premier, elle a fait les choses bien, beaucoup et vite la gentille femme. On me montre les sanitaires, c’est la cabane dehors et c’est le tuyau sous une auge dehors. On me montre la chambre du bout, il y a plein de lits, on dégage les affaires du petit, et les petits que la chatte avait caché sous un lit. Les sanitaires dans la maison sont fermés sans doute en réfection, je vois plein de matériaux dehors, il ne doit pas travailler vite, il ne doit pas non plus habiter toute l’année ici. Je ne perd pas de temps à m’installer. Il ne fait pas encore nuit, mais le repos n’a pas de prix.


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