Montenegro Albanie Kosovo – PoB étape 2

de Baino Polje à Drelaj
de Baino Polje à Drelaj

Nuit impeccable, tout commence bien, c’est parfait. Une longue journée s’annonce. Ce soir on dormira au Kosovo. La Descente continue jusqu’à Babino Polje. Une courte section de gravel road. Un coin plus ou moins aménagé et une source. Puis c’est le pont en tronc pour passer à l’attaque de la grande montée. D’abord les fermes puis le sentier se paume. Il faut monter comme les vaches, à la diable dans les herbes et en zigzag. La flore est très belle. Quelques chalets d’estive beaucoup en ruine, quelques petites tourbières avec de grosses grassettes. Il faut continuer à monter. C’est pas mal dur. Tout se rejoint plus ou moins pour aller vers la gauche et passer une magnifique petite vallée puis un entonnoir-déversoir. Des marques de balisage apparaissent, il y en a pas beaucoup, c’est plutôt paumatoire, mais cela donne une indication générale. On domine l’ensemble des vallées de ce versant monténégrin, dans le matin avec cette lumière c’est cristallin. Puis c’est la longue crête qui monte au col, quelques névés, les premiers avec leur robe de crocus.

Enfin le premier col. C’est de l’autre coté, le Kosovo. Que c’est beau, c’est Ravno Brdo. De grandes vallées boisées, les reliefs deviennent minéraux et sont un plus escarpés, et puisque c’est l’ubac ils ont des neiges persistantse. Le chemin tout en crête fait la frontière, il est bien net. A droite c’est l’Albanie, c’est pas loin. Devant c’est le Kosovo,c’est la vallée par laquelle on repassera dans 2 ou 3 jours. A gauche c’est pour y aller au Kosovo.

A gauche donc. Le sentier est pas mal pratiqué par les randonneurs. Puis c’est le 2eme col Lugu I Shkodres. On est à 2000 depuis pas mal de temps. Ce n’est pas très haut, rien n’est très haut en fait dans ces Alpes, mais ce n’est pas l’impression que cela donne. Les vallées sont encaissées, les versants très proches et abrupts.

AmalbaniaDerrière ce deuxième col première descente dans un pierrier. Deux américaines en bas ont un peu de mal à détecter le chemin. D’en haut et du bâton je le leur indique. Blabla de rigueur. Ne bivouaquent pas. Leur sac est tout petit. Comme moi elle ont toujours le GPS à portée. Elles ont l’air de bien se débrouiller. Elles sont ravies. Elles sont presque arrivées. Moi j’arrive seulement. So long. Je continue, il y a deux possibilités, le chemin d’Endrit à gauche, dans des reliefs accidentés, un chemin à droite bien balisé qui passe au bord d’une longue et belle plaque de neige dure comme glace. J’opte pour la droite. Puis c’ est le petit lac glaciaire. Magnifique. Les stations de plantes autour pas moins. Je vois l’emplacement où les 2 américaines se sont vautrées pour leur pose.

Puis la sortie du lac, son écouloir, un vieux point d’abreuvage est astucieusement aménagé. Dans la cuvette pas évident de reprendre le chemin. Je le loupe. Cela m’oblige à refaire du sanglier et remonter en perpendiculaire le versant. Cela arrivera souvent. La trace d’Endrit est très bonne, mais comme les vallées sont encaissées, les signaux GPS ne le sont pas autant. Si bien qu’il y a une imprécision de parfois plus de 50m. Sur le plat, pas de problème. Mais en pentes, les 50m se transforment vite en 100 ou 200 et dans du terrain parfois saignant. La règle sera donc d’éviter de ne pas perdre le départ des pistes, au franchissement des pacages, des barrancos, des éboulis, des torrents … et cela n’a pas été toujours évident.

Puis c’est le 2eme lac, environnement plat, lac un peu herbeux vaseux. Ce n’est plus de l’eau de fonte. Un groupe de jeunes kosovars, la chemise à l’air, les gonzesses aussi, surpris de voir quelqu’un ici, moi aussi, ils viennent se baquer, Hello Hello, on ne se comprend pas, chacun son patois.

Puis ce sont les premières habitations. Ha bon ils construisent en « siporex » ici ! Une première GH, un mec s’en éjecte et me jacte en pseudo Deutsch. Du hast Coca? Nein que du milch. Salut alors, Bis später ! Puis c’est la GH Buri Kuq. C’est plus professionnel. Ce n’est pas pour cela qu’il y a plus de monde. C’est désert, d’une manière générale, j’ai trouvé tout désert et vide au Kosovo. Peut être que n’étant pas en juillet, les touristes ne sont pas encore en vacances. Ou alors c’est la crise. Ou alors ils avaient le fric des subventions européennes à claquer. Par la suite je verrai beaucoup beaucoup d’habitations dont la construction a été arrêtée ou abandonnée, et des chantiers il y en a pas mal et partout et dans des coins vachement paumés de ce Kosovo. Haaaa, ils ont du coca! La nuit? c’est 15€. Et avec le diner? c’est 20€. Pas cher les mecs. La turne à l’air bien et être bien gérée. 

Puis c’est la gravel road, puis un bout de la route qui fait toute la Rugova depuis Pejë. A Kucishte, bled très éparpillé, un chemin de bucheronnage entre deux villas secondaires remonte. Vite quitter cet environnement à vrai dire pas très engageant, je ne sais pas pourquoi mais je ne m’y sens pas bien. Montée dans des feuillus. Puis chemins agricoles de boue, puis c’est le plateau herbeux de Dugaive. Ça et là des chantiers arrêtés. Des constructions Kitches, des drapeaux albanais. Des gens qui te regardent drôlement pas franchement. A l’autre bout du plateau une nouvelle route forestière, toute caillouteuse. Un mec a pété son carter. Sur toute la descente, presque jusqu’à Drelaj je suis ses petits points noirs. On suit aussi la rivière. Sur la fin un passage court comme dans une gorge.

Puis lorsqu’ apparait l’asphalte, c’est Drelaj. Village de merde(s). Je commence à m’installer dans une maison abandonnée à moitié construite au milieu d’un terrain en friche, les voisins m’en jettent. Raus ! T’as une GH pas loin. Mais j’ai ma tente, je vais pas gêner. Que dalle, va à la GH d’à coté. Le jeune mec commence à virer très con. Je vais donc zieuter à la GH d’à coté. Aux deux vieux : Vous parlez Anglais? Allemand? Espagnol? Français? Papou? C’est combien la nuit? Ah et merde, je me taille. Une grande mosquée toute neuve dans le bas. A la sortie du village un beau pré non clôturé. Je déballe et je plante. Les mômes des dernières baraques sont venus mater, et rigolades débiles entre eux. Je m’enfile et tout le bardas avec dans la tente. Je zippe jusqu’en bas pour ne plus les voir, ils commencent à me faire chjier. Je commence à gringuer. Toc Toc, un toctoc à te déraciner les ancrages. Et un mec baragouine. Et TocToc. Et le mec rebaragouine plus fort. Ah Ils commencent salement à me faire chjier ici. J’entre-ouvre. C’est quoi? j’aboie. Le mec veut que j’aille dormir et bouffer chez lui et qu’il va pleuvoir. C’est un gogol, il me l’explique et insiste et re-insiste comme si j’avais autant que lui, la combinaison des neurones difficile. Je renifle le truc pas clair. Oui il va pouvoir palper de blé, et oui moi je vais me faire boulotter par des punaises sur un galetas sordide et bouffer de la daube faisandée. Non, J’ai tout ce qu’il me faut. Non Non et Renon. Et Barres toi ! Il finit pas se barrer avec les mômes toujours à rigoler débilement. Je termine ma pitance devenue froide. Drelaj military

Tac Tac Tactatarac Tatatatac ! Bon Dieu qu’est-ce que c’est maintenant. Des mecs tirent à l’AK47 pas loin. On reconnait le claquement méchant et brutal du calibre. Des rafales en semi automatique, régulières, espacées. Les mecs s’entrainent au tir. Sympa le coin. Cela ne dure pas très longtemps. Une belle centaine de coups quand même. Tout devient calme, enfin. La nuit tombe sans lune. Il fait très noir sous mon cuben transparent. Toc toc. C’est quoi. Merde! Je hurle. Un grand bruit de fuite, les haubans qui vibrent. Ce sont des vaches, toujours curieuses ces bêtes, elles voulaient savoir ce qu’était ce gros bidule vert en plastique au milieu de leur salle à manger. Elles roderont tout près toute la nuit. Visiblement à elles aussi je plais pas beaucoup.

IMG_1157 Drelaj

Moralité, passez le bled, squeezez le bien, bien qu’il y ait sur cette route en cailloux pas du tout intéressante, juste avant d’y arriver, une nouvelle GH dont m’avaient dit les américaines que le boss serait sympa et parlerait français. Vous avez 2 solutions, soit vous coupez dès Dugaïve pour aller à Pepaj vers Reke e Allages. Soit on peut abandonner tout ce coin pourri et dès Kucishte faire du stop ou du microbus jusqu’au Rugova Camp. J’oubliais, avant d’arriver à Kucishte il y a un bar resto sympa sur la gauche qui fait de bons sandwiches et où la Peja est fraiche et pas chère.

Sayonara.


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