Montenegro Albanie Kosovo – PoB étape 3

de Drelaj au plateau Lumbardhit
de Drelaj au plateau Lumbardhit

PoB etape 3Nuit pas terrible, cela ne commence pas si bien en fin de compte, avec les chjieurs de la veille, les chiens qui n’ont cessé de japper, les bouseuses qui ont fait chjier toute la nuit,  enfin presque parce que dès 5 heures le camp était levé. Le soleil se pointe à peine et pas facile de trouver le début de la piste. Ils ont clôturé et barbelisé le champ où il est supposée être. Re-méthode sanglier en amont et voici la montée qui permet de s’extraire du bled. On atteint un chemin forestier, en fin de compte c’était un raccourci. Endrit prend très souvent des raccourcis, à croire qu’il connaisse comme sa poche les tracés. Une belle petite place de bivouac avec table et banc, idéal pour le café du matin que je n’ai pas encore pris. On surplombe d’abord la vallée et la route caillouteuse, puis arrivée au joli village fermier de Pepaj. Des bucherons à l’œuvre, des maçons à la truelle, des fermières à la traite, des gamins aux moutons. Cela sent bon. Un abri pour randonneurs en face d’un cimetière pour albanais tombés au champ d’honneur. Des mecs tout jeunes, la dix-huitaine, vingtaine, enrôlés ou volontaires en 1998 dans l’armée de libération Kosovare. Les tombes sont fleuries et le drapeau Albanais flotte.

La dernière montée pour ce matin pour quitter ce beau village. On arrive à un faux plateau d’alpages, quelques vaches, C’est assez beau l’endroit, c’est très vert, puis c’est la descente vers Reke e Allages. Dans la descente je croise le couple d’allemand, vous savez Max et sa nana qui font le guide book. Blablabla entre connaisseurs, on s’échange et se confirme nos informations. Non eux aussi n’ont croisé personne. Ils sont allés au Gjeravica, mais tout était dans la poix, alors ils n’ont rien vu, le chemin est aisé mais assez long. C’est dans les projets à moi aussi, mais par la suite, vu le temps je n’y irai pas. Lui est équipé en smartphone, 2 batteries en standby et un chargeur solaire. Kouchner KosovoIls sont venus par Plav, ils repartiront par Pristina. Ils resteront encore une quinzaine dans le coin pour rayonner à partir d’un chalet qu’une ONG de développement leur prêteront et faire les petits 2000 des environs. Les Allemands sont bien implantés au Kosovo, ils y investissent beaucoup. Beaucoup de Kosovars ont travaillé chez eux et savent la langue. L’euro ici est du Deutsch-Euro. Kouchner je ne sais pas ce qu’il a foutu ici pendant son mandat, mais s’il s’est gavé il ne s’est surement pas branlé en Français.

J’atteins les premières habitations de Reke dans la boue et le fumier, le chemin débarque dans des étables et j’ai du purin plein les godasses. Quelques GH assez bien installées. Au fait Max m’a dit qu’à Drelaj la GH d’Osman, près de la mosquée, j’aurais pu aller là, il le connait bien et le mec est bien. Malgré tout cela ne me fera pas modifier ce qui est dit précédemment.

Une gravel road avec un ou deux restos pour descendre à la route de la Rugova, elle est tout nouvellement goudronnée sur sa dernière moitié. Des pancartes pour hôtels un peu partout mais que je ne vois pas. Puis rapidement le complexe resto hôtel de Rugova Camp. C’est un ancien élevage de truite au bord de la rivière transformé vite fait à coup de pognon. Il y a plus de personnel que de clients. La bouffe du jour, une recette locale de ragout arrache la gueule. Les toilettes à peine large pour moi mon sac et m’y débarbouiller. Je dis chaleureusement au revoir à tout le monde mais pas un fifrelin de pour-liche.

rugova-hiking-logoLes mecs de l’hôtel à l’autre bout me prennent pour un cave. Ils ne savent rien du PoB. Faut dire que les hikers arrivant en sens inverse déboulent directement sans rien demander. Le chef finit par se rappeler que oui, il voit des sacs à dos passer par la petite porte verte, il me l’ouvre et me dit , C »est tout droit. Le maigre sentier va direct dans les ronces, c’est nul. En fait il faut partir sur la droite et monter dans le sous bois. Puis dans le sous bois, moitié à l’estime, moitié à la devinette, moitié à la chance on gravit par un vague zigzag dans les feuilles. Comme Max et sa nana viennent d’y passer, je note leurs traces et les feuilles soulevées. Cela aide bien, je longe plus ou moins la conduite d’eau jusqu’à un bord de barranco qu’il faut continuer, puis une crête en croupe calcaire. Puis on débarque dans des prés, un chemin qu’il faut traverser avant une station de lys martagon, un alpage et des bois. Pour l’instant la grosse montée de 1200m n’est pas trop terrible. Je ne suis qu’au tiers.

Arrivée à un niveau supérieur de pré et une ferme mal entretenus. Le chemin sur la gauche en haut est presque inexistant. Puis il devient rapidement une horreur. Des buches, des troncs, des branches partout, en travers en long, d’en bas, de haut. Le GPS à la main guide comme une boussole. Et puis le fatal, un déversoir de cailloux de ravins et de rochers, les mecs, ils charroient là sur des kilomètres toutes leurs grumes. C’est un chaos total. La seule chose à faire c’est de monter tout droit là dedans sans fermer les yeux  Autant dire aussi qu’il n’y a aucun marquage ni balisage depuis le resto en bas. Et puis comme par enchantement, lorsque cet enfer de pierres est dépassé le chemin réapparait avec une première belle petite marque rouge et blanche. Ah les comiques !

Et la pluie se met de la partie, une bruine froide bien dense. Il faut dire que depuis Reke e Allage cela menaçait déjà avec une giboulée. Et le mec de l’hôtel en plus de me prendre pour un cave me prit pour un dingue en me déconseillant et qu’il allait pleuvoir. L’arrivée au plateau de Lumbardhit me permet de dépasser la couche des nuages. A 2000m c’est clair, un peu de soleil, mais froid et sinistre, et je suis trempé, l’humeur au ras des gentianes. Réappro avec filtrage dans le lac.

Passage dans la 2eme cuvette pour le bivouac. Max me l’avait conseillé. C’est plus beau. En effet, mais à peine moins de vent. Le vent est Chien loup dessinrelativement thermique puisqu’il finira par se calmer au début de la nuit. On ouvre les sandwiches de Rugova-Camp et c’est là que l’on s’aperçoit de la supercherie. J’ai bien fait le « pas de pour-liche », ils avaient pas une bonne tronche là-bas. Re-pluie la nuit, pas trop forte mais suffisante pour achever. J’ai emporté le duvet léger et je commence à grelotter avec en plus l’hypoglycémie des efforts de la montée, c’est donc une bronchite qui reprend. Cette saleté est toujours là tapie au guet de la moindre faiblesse. Mais quelques coups d’Azitromicine 500 en trois jours lui passeront toute envie. En sortant pisser je crois voir au loin un chien, un loup, un chien-loup qui me scrute. Je suis immobile et je fais dans sa direction et c’est dans le vent. Il disparait comme un mirage à ces 2000.

Bon Polo, Cogites pas trop! Va te mettre sur le dos tout ce que tu as et vas bien te recoincer dans le duvet et tout se passera bien. A demain.


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