Peru – Canyon de Cotahuasi (2) Pampamarca et Huarhua

La première randonnée qui va de Sipia à Quechualla, a permis de connaître la partie du canyon en aval. La partie que l’on peut considérer d’amont se visite également en une paire de jours. Seulement si l’on ne va qu’à Pampamarca et Huarhua où il y a quelques curiosités. La rando entre ces deux quebradas passe en partie par un chemin de crête qui donne une vue exceptionnelle sur l’ensemble du canyon. Ce qui restera du canyon, tout à l’est, est desservi par une piste carrossable jusqu’à Alca et n’a pas de grand intérêt pour le marcheur.

Pampamarca

Une piste carrossable permet d’atteindre le village qui est à 3300m. Prendre le colectivo qui part de Cotahuasi à 7h et à 14 heures. Compter quand même 2 heures et préparer la monnaie pour le tarif syndical soit 5 soles. Le village est tout petit, environ 500 âmes, rues pavées et toute petite activité de tissage d’alpaca pour touristes.
Dormir
Hospedaje de José Vargas. Il conseille et trouve des guides locaux. Contact possible oskuniaedes@conpunto.pe Telefono 81 21 89.
A voir aux alentours
Bosque de rocas (formations karstiques genre petites demoiselles de Montmirail). Le chemin monte dru tout au nord jusqu’à presque 4000m. Compter 1h et demi l’aller.
Cataracta de Uskune. Belle chute de 100m que l’on peut apprécier par un mirador à quelques pas du bled.
Si l’on continue, ce sont les thermes de Joshla, enfin c’est du genre baignoire d’eau chaude pour se décrasser.

Huarhua

Tout petit village de + ou – 200 âmes à 3300m qui fut plus grand. Pas d’hospedaje ni de cafete bien sûr. Demander sur la petite place en bas du village où l’on peut piauler (chez un andino) ou poser la guitoune. Rien à bouffer ni rien à acheter à bouffer. Deux solutions, demander si qq1 veut bien vouloir préparer un dîner façon andina, sinon tout emporter avec soi.
L’église vaut encore la visite. Elle est disproportionnée en regard du bled car autrefois le village était prospère grâce au sel. Maintenant c’est la ruine.
Si l’on est parti pour 2 jours, on peut aller voir la mine de sel gemme qui n’est qu’à ¼ heure. Demander à qq1 pour faire le guide car c’est une vraie mine, de genre tunnel, puits et explosifs. Elle est exploitée collectivement par les gens du village à présent. Le sel est évacué comme autrefois par caravane à dos de bêtes.
Peru Canyon Cotahuasi mapa J2

Randonnée

Ce ne sont que 23 km, en D+ 700m et D- 1800m.
C’est un circuit de deux jours pépère presque tout en descente, mais un bon marcheur ne fera qu’un jour pour arriver au Pont de Cuyao que l’on connaît déjà. On reviendra à Cotahuasi par le colectivo de Sipia (vers 17 heures) ou celui de Andamarca (vers 11h-11h30), sinon c’est à pinces en 2 heures, c’est pas la mort mais ça monte.
Le bon plan pour celui qui a un peu de temps, c’est de commencer par cette sorte de boucle, puis de continuer vers Sipia et faire la rando (1), l’inverse quoi.

J1-Pampamarca à Huarhua

15km en 5 heures, D+650m D-700m
Démarrer comme d’hab. du centre c’est-à-dire de la place. Descendre la rue qui a la sorte de « arco » puis prendre à gauche à la sortie. A l’école continuer à descendre par la droite puis l’acequia toujours à droite. Puisque l’on restera sur la rive droite du Canyon, d’une manière générale il faudra toujours prendre à droite et ni monter à l’altiplano ni descendre dans le canyon.
On arrive rapidement dans les « andenes » et les cultures. On atteint une bifurcation, celle qui va au pied de la cataracte d’Huskune, laisser ce chemin à gauche, continuer vers un tout petit bled qui doit être appelé Michaca. On a croisé la piste carrossable qui nous a amené de Cotahuasi . Prendre toujours à main droite, puis au bout d’une ½ h à une autre bifurcation prendre le chemin qui va dans une petite quebrada que l’on traversera. On a quitté le chemin principal qui descend par la gauche. Le coteau à été cultivé mais est totalement en friche. On va marcher et remonter légèrement dans un sentier à flanc de falaise dans une végétation xérophile identique à celle que l’on a vu plus bas dans la rando de Quechualla.
Au bout d’une heure, vers 3400m, la passe. On quitte le panorama de la quebrada de PampaMarca. On voit le rio et la ville de Cotahuasi de l’autre coté. On en voit de toutes les couleurs du Canyon. On continue par la droite tout en continuant à monter. Une heure et on arrive au niveau de Mungui que l’on surplombe. Vers 3500m deux chemins, prendre celui du bas. On traversera de nouveau des terrasses en friche puis un barranco. On croise un autre chemin qui monte de la gauche. Le prendre par la droite en montant.
Puis plus ou moins toujours à la même altitude au bout d’une ½ heure prendre (exceptionnellement) à gauche le chemin en balcon et non celui qui monte sévère en lacets à l’altiplano. Une heure de plus pour atteindre le bord de la quebrada de Huarhua. C’est un cirque impressionnant tout entouré de ravins. Le village est blotti dans le seul petit replat.
On descend dans la quebrada jusqu’à un rio vers 3200m. Un pont en branches. On remonte de l’autre coté du barranco pour arriver en une ½ heure au village.

J2-Huarhua au Pont de Cuyao

Petite journée de 3 heures pour 8km D- 1100m
De la place de l’église en ruine, la ruelle vers l’école à gauche. La longue descente au rio Cotahuasi part encore à gauche. On retrouve le chemin typique de la comarca, bordé d’opuntia ficus indica. Une petite 1 ½ heure pour atteindre un pont et traverser le deuxième rio de la quebrada. Une source potable à gauche de l’autre coté.
Puis le sentier creusé en balcon à flanc de falaise qui descend. Les deux torrents de la quebrada de Huarhua se rejoignent tout en bas.
Puis au bout d’une petite heure en arrivant au même niveau, vers 2500m, on traverse une acequia. Puis c’est Lancarolla et les cultures irriguées. Puis on arrive à la piste carrossable d’Andamarca. Le pont de Cuyao est vers l’est à droite tout près à moins d’ ½ heure.


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Perou – Canyon de Cotahuasi (Fr)

Cela faisait longtemps que je devais faire cet article qui manquait dans la panoplie des treks du Pérou que l’on peut trouver ici. il restera l’Ausangate. Pfff…

Il est tout aussi spectaculaire que le « Colca », Cotahuasi c’est plus loin c’est tout. Mêmes paysages abruptes sculptés par l’érosion tropicale avec la chute de Sipia de 150m. A voir absolument. Les village de Velinga et de Quechualla ne sont accessibles que par des sentiers creusés à flanc de falaise. C’est comme une blessure dans les Andes.
C’est l’un des complexes de canyon qui a été longtemps les plus isolés du Pérou. En aval c’est infranchissable, en amont les sommets font 5000m et plus, tout autour l’altiplano est à 4500m, en bas dans le canyon on est à 1200m et plus, plus bas. Whooff … Le canyon le plus profond au monde. Et c’est le rio Cotahuasi le grand responsable de ce bordel.
La vallée comptait 2000 habitants il y a encore peu, et 20 000ha en terrasses avec un système d’irrigation venant des temps préincaïques. Une branche du Capaqnan y passait au fond et la remontait pour terminer à cuzco, les dingues ! Il ne reste qu’est une succession d’oasis et de villages dispersés. Cotahuasi (2683m, 1500 âmes), c’est le bourg d’entrée et qui gère la vallée. Le tourisme est en développement au début avec l’aide d’ONG, maintenant je ne sais pas. On peut rafter sur le rio à ses risques en plein péril

Cordillera Arequipa ascenciones y canyones

COTAHUASI

Transports

Depuis Arequipa bus REYNA, CROMOTEX et ALEX entre autres Prix 30soles.
En général départ vers 15h30. Bitume 3h ½ , arrêt une ½ heure à Aplao, ensuite piste. Arrêt à Chuquibamba vers 22h. Arrivée à Cotahuasi à 2h avant le lever du jour. The road is paved between Arequipa and Chuquibamba and unpaved between Chuquibamba and Cotahuasi.
Transportes Eros Tour depart at 16.45 hours; Cotahuasi 30 soles, around 11-12 hours, Chuquibamba 18 soles, 5-6 hours.
Transportes Reyna departs daily at 16.30 hours with rates of 20 and 32 soles.
Transportes Alex departs at 16.00 hours, 30 soles.

These times and rates were from earlier in the year so things may have changed.

Logement-Restauration

Il y a plusieurs hospedajes, ouverts la nuit pour l’arrivée des bus.

Hospedaje Hatun Huasi
Centenario 309 (la première à droite en descendant de la place)
Tel 58 10 54 catyborda@hotmail.com
Tenu par Catalina, repas possible, 20-25 soles la chambre

Cevicheria Don Luicho
Rue Arequipa pas loin de la place

Les Randos

Il y a quelques boucles possibles soit en amont de Sipia, soit en aval. Il n’y a pas les descentes ou montées exténuantes du Colca, ni les boucles du Colca qui permettent de voir un peu toute la vallée. Ici c’est chacun son choix, mais on peut y rester plus longtemps pour tout voir et surtout fréquenter les andins qui sont très accueillants, plus que là-bas, ils ont moins vu de touristes bobos sans doute. L’itinéraire le plus fréquenté et le plus spectaculaire est en aval, il fait 50km. La rando dans le canyon est de 3 jours si l’on se contente du classique et de fond de la vallée, mais la dernière journée de retour se fera en revenant sur ces pas. C’est un trek très cool.

On part de Cotahuasi plein Est, ou on se fait déposer, en direction du pont de Cuayo, une petite dizaine de kilomètres, ensuite on fait son choix.

101 canon Cotahuasi carte

J1 Pont de Sipia (2165m) à Velinga (1980m)

  • D+ 550m
  • D- /30m
  • 16km en 6 heures

Franchir le pont suspendu. Sur l’autre rive, on aperçoit de belles formations orographiques, des blocs énormes.
Longer l’oasis de Sipia, qui s’étale sur la longueur. À la sortie aux marquages de flèches en jaune sur un rocher ( ¾ heures) prendre à droite. Le premier point de vue surplombe en apic l’endroit où se précipite le rio Cotahuasi, le second offre plus de recul. Revenir au chemin principal ( ¼ heure). Celui-ci commence à monter. Plus loin prendre à gauche celui qui est le plus en hauteur des 2 itinéraires. Le sentier est taillé dans une roche ponceuse rouge ou grise. C’est la partie spectaculaire de la journée. Vers 2300m, on atteint le point le plus élevée de la même journée en ¾ heures. Rive droite l’érosion fluviale à creusé tout ce paysage tailladés de ravins gigantesques dans les flancs des volcans et de l’altiplano.100 canon Cotahuasi Chute de Sipia
Plus loin le décor est de plus en plus minéral, on aperçoit l’oasis de Chaupo, atteinte en ½ heure. Les pentes sont couvertes d’épineux et de cactus, les Pichanes, Chonas et Huarangos. Poursuivre vers le fond d’un petit canyon à sec, en suivre le lit par l’aval sur environ 200m (50 ‘). On est à 2000m. Puis continuer à gauche en montant par un sentier impressionnant. C’est la petite plaine de Rosario Pampa toujours avec des cactus, quelques ravines à passer, une station très importante de cactus à Julio Pampa atteinte en 1 heure. On aperçoit l’oasis de Velinga au bout d’ ½ heure. Tourner à gauche, c’est plat on est à 1800m. On atteint un ruisseau rapidement. Le chemin monte fortement au pied d’une cascade. A 1900m prendre à gauche.
On entre alors dans Velinga. En haut, tourner à droite vers la place ( ¾ heure). A la place monter à gauche pour atteindre l’Hospedaje d’Ignacio Chamana Buiza (entrée à gauche du panneau « Puesto de Salud de Velinga »). Ignacio est l’instit. s’il l’est encore à l’écriture de ces lignes. A contacter éventuellement 81 21 29 ou par mail chamanabuiza@hotmail.com . il peut faire ou faire faire le guide pour quelques chullpas (tombes) précolombiennes juste là plus haut à quelques minutes, mais bof.

J2 Velinga – Quechualla (1650m)

  • D+ 100m
  • D- 430m
  • 9km en 3 heures

On peut laisser une partie de ses bagages à Velinga puisque l’on va y revenir. Partir de bonne heure comme toujours au Pérou pour profiter de la fraîcheur matinale, éviter de marcher les heures chaudes avec une pause à midi à Quechualla, et parce que nous sommes sous les tropiques aux jours de 12 heures seulement.
Longer l’église sur sa gauche. On atteint rapidement le point de vue ou Mirador avec son panorama sur le canyon. Vers 2000m on descend en zigzag à droite. On traverse des terrasses à l’abandon fortement en friche. À 1800m c’est de nouveau une belle station de cactées ( ¾ heure ). Juste avant les gorges d’une quebrada, descendre à droite, les franchir par un pont en dur avec vue vertigineuse sur le rio Cotahuasi, puis prendre à gauche ( ½ heure) les lacets. On traverse un vallon par un pont rudimentaire en branches d’arbre.
On suivra le lit du rio, qui de ce fait n’est pas à proprement parler un chemin à cause de tous les roches. Il peut y avoir une rare faune aquatique, donc ne pas faire de bruit. On va ensuite passer le long de beaux « andenes ». Sur la rive gauche il reste des ruines d’une construction inca.
On arrive au pont d’Angulo Pampa en une heure. Puis de nouveau une belle station de cactées très dense. On revient dans le lit du rio. Puis au loin on aperçoit l’oasis de Quechualla qui comme Velinga est en surplomb du rio. On est vers 1600m, avant d’arriver à la berge très haute du rio lorsqu’il vire à droite, on tourne au contraire à gauche ( ¾ heure). On traverse un ruisseau, puis on longe un mur en montant fortement à gauche. On entre ainsi après ¼ heure dans Quechualla. C’est un hameau très peu peuplé. De la petite église on a une vue magnifique sur l’ensemble du canyon. C’est là que se trouve l’Hospedaje Plaza de Stefen Bernedo. La chambre simple est au prix syndical de 20 soles. On peut y manger.

cotahuasiRetour de Quechualla à Velinga

Revenir au début par le même chemin jusqu’au pont en béton (2 heures). Peu après descendre à gauche et longer le rio. On atteint un petit bassin rudimentaire en ¼ heure, baignade possible.

Poursuivre toujours le long du rio. Puis un peu après un premier groupe de casas ( ¼ heure) tourner à droite, juste avant les autres casas. On quitte rapidement les cultures et la végétation pour entrer dans un pierrier et des éboulis. Le sentier se divise mais les embranchementss se rejoignent plus loin. En haut on atteint le chemin principal de Velinga, on y tourne ‘a droite ( ½ heure). Le village est atteint en ¼ heure.

J3 Retour de Velinga au pont de Sipia

  • D+ 700m
  • D- 530m
  • 15km en 5h ½

Il se fait par le même chemin que l’aller. Retour à pied sur Cotahuasi en 2h ½ si l’on est en dehors des horaires des colectivos. Pour les fainéants qui ont dormi dans l’oasis, de bon matin il y a un colectivo, vers 8h 9h, se rensigner la veille. Il va à Cotahuasi bien sûr, pour Arequipa, c’est un bus qui doit plus ou moins être en correspondance.

EN PRATIQUE

Éviter la saison des pluies de Décembre à Avril à cause des crues.
Comme c’est encaissé les jours sont plus courts que sur l’altiplano. Il y fait également plus chaud, et lourd en saison humide. On peut y dormir, donc inutile d’emporter de tente.

De Cotahuasi pour le pont de Sipia, des colectivo partent dès 6 heures puis 13h/14h
Pour y revenir, prendre un colectivo à la bifurcation pour Andamarca un peu plus loin à 10 minutes en fin de matinée vers 11h-11h30, et en fin d’après midi vers 17h.


mapa-cotahuasi

http://faboperu.jimdo.com/carnet-de-voyage/mars/

http://www.flickr.com/photos/mgdt/sets/72157606797563171/with/3005650799/


Peru – Cañon de Cotahuasi (us)

Endimirador-foto smallendimirador

Cotahausi is a little covered by LP but I found it more spectacular and interesting than the super touristic Colca. It’s not easy to reach and transportation is not a friend of travellers but it’s not hard to explore around.


mapa-cotahuasi

ON THE WAY TO COTAHUASI

It’s worth to break your journey in Corire, Aplao or Chuquibamba. From Corire it’s easy to visit the Toro Muerto Petroglyphs as LP says. We found Hotel El Molino (double with bathroom from 35 S) the best hostel in the town. Corire is a dusty desert town, Aplao 25 kms further is a better choice. Here the best accomodation is Hotel Willy (s/d with bathroom 35/60 S), a good and clean cheaper option is Hostal Plaza (s/d with bathroom 20/30 S). Both towns have ATM and eateries. 10 kms from Corire in Querulpa on the left side of the road you will see a huge dinosaur. It’s a small park with a few dinosaur footprints on the rock (admission 2 S). Catch any combi in Corire heading for Aplao and ask the driver to drop you off at the entrance.

40 kms from Aplao you reach Chuquibamba, a main stop for night buses between Arequipa and Cotahuasi. The town itself is not interesting but its surround is worth breaking your journey. The road to Yanaquihua is scenic, the village is worth a half-day-detour. From Chuquibamba a 40 kms trail lead you to the petroglyphs of Illomas. For tour and guide ask at the municipality. You can find basic accomodation in Chuquibamba.

Getting around
Corire and Aplao is easily reachable from Arequipa (15 S, 4 hours), Pedregal (8 S, 1,5 hours) or Camaná (10 S, 2 hours). Almost every hour depart buses or combis. Between Corire and Aplao frequent combis running (1,40 S, 30 minutes). To Chuquibamba catch any buses coming from Arequipa (every 2 hours, 8 S) or find a seat in a collectivo from Aplao at the petrol station (12 S).

From Chuquibamba frequent combis leave to Yanaquihua (10 S, 2,5 hours). There are at least 2 combis to Camaná (15 S) and various buses to Arequipa in the daytime (20 S).

If you want to get to Cotahausi, pay a seat on one of the night buses. Today there are 3 bus companies heading for the canyon. Cromotex leaves Arequipa at 4pm, Inmaculada and Reyna leave at 5pm. The fare is 30 S. Cromotex arrive at Corire at 7pm (20 S), Aplao at 7:30pm (20 S), Chuquibamba at 9pm (15 S). Inmaculada and Reyna 1 hour later. Buses reach Cotahuasi between 2am and 3am.

If you are heading for the Colca Canyon, catch any bus heading for Pedregal (all buses to Arequipa cross the town) and catch the only bus a day to Cabanaconde between 11am and 12pm (22 S, 5-6 hours).


COTAHUASI CANYON

The main gate of the canyon is the village of Cotahuasi. Here you can find accomodation between 15 and 80 S per night. Hostal Alcala (s/d without bathroom 15/20 S) is one of the cheapest with shared bathroom but hot water. The owner is very helpful and well informed of the canyon. Better and more expensive option is Hostal Justito (s/d with bathroom 20/40 S) just next to Hostal Alcala or Hotel Valle Hermoso (s/d with bathroom 40/80 S), a nice hacienda style hotel with clean rooms and TV. For good mirror-reflecting photos walk 20 minutes to Laguna Chaquicocha.

If you want to discover the entire canyon you need at least one week. Transportation is problem in the canyon, usually buses and combis to small villages leave early in the morning and return early in the afternoon don’t let a lot of time to explore the surroundings.

1 – East of Cotahuasi

Tomepampa 10 kms from Cotahuasi is the nicest small town in the valley. Here, as LP says, the best is Posada Inti (s/d 20/40 S). On every Saturday morning a combi leaves for Achambi village (3700m) and Laguna Apalcocha (4850m). The legend says a bull comes out of the lake every night and climbing up to a rock to stare down the valley.

On the other side of the river there is a small and typical Cotahuasi village, Taurisma. A few kilometers further you’ll
find the thermal baths of Luicho (admission 5 S). 10 kms from Tomepampa is the village of Alca. The best place to stay is the LP recommended Hostal Alcala (s/d with bathroom 25/40 S). From the village you can walk to Cahuana (2700 m), a small settlement on the top of the rock behind Alcala. Turn left at the sign of Ayahuasi and walk until the bridge. Cross the river and hike up 30 minutes on the scale to the look out point for a great view of the valley. From here it’s another 15 minutes walk to the village. On the small peak behind Cahuana you’ll see a small inca ruin, Ccalla. It’s a good 30 minutes walk to here. Just like Cahuana, Ayahuasi (2850m) is another nice adobe village. It’s a longer and tiring walk to get here. There are no stores in these villages so take food and water with you. Another nice walk is from Alca to Tomepampa on the norther bank of the river. On this route you can see the 50 meters high Mimacharka waterfall.

23 kms from Alca you arrive at Puyca (3560m). This is a great place to explore the eastern part of the canyon. 30 minutes walk from the village you reach the inca ruins, Maukallacta. This is the biggest and most beautiful archeological site in Cotahausi. In every June people celebrate the day of potato in the village, it’s a tranquil but colorful fiesta. A dirt road turn north to Churca (3900m), a settlement in the depth of the Inchuquillca Canyon. Here you can see llamas and alpacas. In the end of the road you arrive in the Puyas Raimondi forest. This 10 meters tall high mountain plant is found only here and in Ancash, Huaraz.

Getting there & around
Cromotex leave Alca to Arequipa at 4pm, Inmaculada and Reyna at 5pm. You can catch the buses in Cotahausi 30 minutes later. The bus ride takes 10-11 hours (30 S). The only daytime option and chance to see the Solimana and Coropuna volcanoes is Transport Lopez from Alca to Lima (90 S, 22 hours) on Tuesday, 6am. This bus usually seems more cargo than bus but don’t worry, they sell tickets. On this route Chuquibamba is 15 S, Aplao and Corire 20 S, Camaná 30 S, Chala 40 S, Nazca 60 S.

From Cotahausi combis leave to Tomepapma and Alca in every hour from 6am to 6pm (1,5/3 S). To Achambi and Laguna Apalcocha you have to wait until Saturday. The combi leaves between 5am and 6am if there is enough passenger and return in the afternoon.

From Alca to Puyca the only combi departs every day at 5am (5 S, 1,5 hours), return at 2pm. If you want to discover the Inchuquillca Canyon and the Puyas Raimondi forest you need your own vehicle.

2 – North of Cotahuasi

18 kms from Cotahuasi you arrive at Huaynacotas (3600m). It’s a good place to start a 7 hours trek to Tecca (3850m) in the Pampamarca Valley. You have to hike up to a 4200 meters high pass but on the way you cross the Llamojas stone forest and a small Inca ruin. If you are acclimatized from here you can make a 5 hours loop to the Laguna Huanzoccocha (4900m). From Tecca it’s a 1 hour walk to the 60 meters high Fuysiri Falls and 4 hours to Pampamarca. There are no villages on the route so take your own tent, sleeping bag and food with you. You can hire a local guide and mules in Huaynacotas.

Pampamarca (3600m) is the only place in North Cotahuasi where you can sleep in bed. Hospedaje Sunquyparurun has super basic rooms without bathroom (10 S per person). 20 minutes walk from the village you find a look out point to the Uskune Waterfalls. The trail is easy to follow. 1,5 hours steep climb takes you to the Huito stone forest (4000m). The view from the shape rocks is amazing.

Between Pampamarca and Cotahuasi the road is scenic, one of the most beautiful in the canyon with great view of Solimana. Half way you get to Mungui, a very small and sleepy settlement.

Getting there & around
To Huaynacotas there are two combis a day. They depart at 5am and 12:30pm and they return after of arriving. To Pampamarca the only bus leaves Cotahuasi at 6:30am and go back aroun 1pm.

3 – West of Cotahuasi

10 kms from Cotahuasi you reach the 100 meters high Sipia Waterfall. It’s the most famous site of the canyon. To get to the look out point follow the sign from the road. Just before the Sipia bridge there is a branch. To north is Charcana, to west is Velinga and Quechualla.

Charcana lies at 3400 meters above the sea, 44 kms northwest of Cotahuasi. There is a small hospedaje (10 S per person) on the main square. There are little visited sites around Charcana and they are hard to reach without a guide. The most mysterious site is the Huancarama pictograms, ancient paintings on rocks. Arco de Pidera Jaisampo is an interesting rock arch a 2 hours walk from the village. There is an 8 hours long trail from Charcana to the depth of the canyon at Velinga.

The road to Velinga is scenic. 10 kms from the Sipia Waterfall, just behind Rosapampa you’ll cross Judiopampa (Jewish field), a nice cacti forest. Another 8 kms further the road ends. Velinga (1900m) is a sleepy village 20 minutes from the bus stop. There is a guesthouse (10 S per person) but you don’t need to stay here, better to hike to Quechualla.

From the end of the road a narrow trail snake down to the deepest point of the canyon. 8 kms from the bus stop you arrive at Quechualla (1600m), a fairytale oasis in the desert. Quechualla is the oldest and most remote settlement in Cotahausi, it was established before the Incas. The village looks very old, the roof of the grey adobe houses is from grass. Here is no electricity, no running water but tonnes of grapes, guayaba and chirimoya. There is a small guaesthouse on the main square (12 S per person) and you camp for free in front of the church. Water and beer is expensive here becuase locals have to bring goods by mules. 30 minutes walk from the village is Ushua, the deepest point (3535m) of the Cotahausi Canyon. Government promises the road from Velinga will reach Quechualla in the end of 2013.

If you want to continue your journey to the coast, Rafael Bernedo Perez is a recommened guide. The 3 days trek to Chauchalla is not easy but marvelous. First day you have to hike up to Huachuy (3500m), the second day to Uusky camp (3400m) and the third day to Chauchalla (1000m). From here combis leave to Ocoña where you can catch buses to Camaná or Arequipa.

Getting there & around
Combi to Charcana leaves Cotahuasi at 3pm and return at 6am on the next day. To Velinga/Quechualla the bus departs Cotahausi at 6:30am and return at 9am. On Monday, Friday and Sunday there is another bus at 1pm, comes back at 4pm.

L’art rupestre de l’ancien Pérou

Le Pérou est un pays riche en art rupestre. L’inventaire le plus récemment publié (Hostnig 2003) contient la description de près de 500 sites contenant des peintures de l’époque précolombienne et d’un nombre équivalent de gisements de pierres gravées. Plusieurs centaines de nouveaux sites ont été décrits depuis. Il convient d’y ajouter une cinquantaine de sites de géoglyphes (dont les plus ceux fameux sont ceux de la Pampa de San José de Nazca) et une quarantaine de dépôts d’art mobilier (plaquettes ou galets en pierre et tablettes en céramique, peintes ou gravées).

figure 1aFélin anthropomophe, Checta (dep. de Lima)

Ces manifestations ont toutefois souffert durant de longues années d’un certain dédain, qui a fortement limité leur étude et menacé leur préservation. A l’exception de quelques travaux pionniers (Pulgar Vidal 1976, Ravines 1986, Guffroy 1980-81, Nuñez Jiménez 1986), ce n’est que tout récemment qu’un nombre important de jeunes chercheurs se sont intéressés à ce thème. De nombreux phénomènes : mise en valeur touristique inadaptée, s’accompagnant parfois de vandalisme, destruction lors des travaux d’aménagement, exploitation minière, ont contribué à accentuer considérablement ces dernières années la destruction de ces représentations rupestres, par ailleurs souvent affectées par l’érosion. Une politique de conservation et d’éducation spécifique, absolument nécessaire à leur préservation, fait cruellement défaut.

Nous avons présenté dans un premier ouvrage de synthèse (Guffroy 1999), une tentative de classification stylistique et chronologique des figures peintes et gravées. Les découvertes récentes permettent de compléter et de préciser les aires de répartition, chronologies et finalités des principales traditions andines. L’art rupestre peint couvre un important laps de temps, les plus anciennes manifestations datant probablement de l’Holocène moyen et les plus récentes de l’époque coloniale. Il est toutefois possible de déterminer l’existence de différentes traditions présentant des aires de répartition, des chronologies et des styles singuliers.

figure 1bCarte de distribution des différentes traditions de peintures rupestres et principaux sites

La plus ancienne tradition actuellement répertoriée, attribuée à l’Holocène moyen (5000-2500 avant notre ère), est présente uniquement dans les départements les plus méridionaux du pays (Arequipa, Tacna, Cusco, Puno). Elle est caractérisée par la représentation de scènes de chasse aux camélidés, généralement peintes en rouge (plus rarement en blanc) à l’intérieur ou sur le porche d’abris et de grottes peu profondes. Les animaux figurés correspondent majoritairement à des vigognes et guanacos sauvages, de petites dimensions, entourés de silhouettes humaines vues de profil tenant à la main des instruments de chasse (arcs ou sagaies). Les animaux sont fréquemment représentés en position de mobilité, mais aussi parfois blessés ou morts. Les têtes des figures anthropomorphes sont singulières et semblent souvent pourvues d’un bec ou museau, interprétés par certains auteurs comme la représentation d’un masque. La majorité des gisements de cette tradition sont situés à haute altitude supérieure à 3500 s.n.m.

figure 2Figure : 2 – Scène de chasse, Toquepala (dep.d’Arequipa)

Le gisement le plus représentatif de ce style est le site de Toquepala, dans le département de Tacna (Fig. 2), où les scènes les plus anciennes sont peintes de couleur rouge foncé. D’autres figures, peintes en rouge clair, blanc, noir et vert foncé, ont été postérieurement rajoutées. La fouille des sols de la grotte et de l’abri proche a permis la découverte d’un important outillage lithique, de plaquettes en pierre portant des figures de camélidés et des signes, ainsi que de restes de coquillages d’origine marine. Plusieurs datations radiocarbones ont été obtenues. Bien que souvent citées en référence, les plus anciennes (VIIIe millénaire av.n.e) proviennent des niveaux inférieurs quasiment stériles, et il semble peu probable qu’elles datent l’exécution des peintures. Un ensemble de trois datations plus récentes (Ve et IVe millénaire av.n.e), provenant des principaux niveaux d’occupation, semblent plus probablement associées à leur réalisation.

La remarquable ressemblance des scènes peintes à Toquepala avec les manifestations rupestres découvertes sur le site de río de las Pinturas en Patagonie, fondée tant sur l’organisation scénique que sur le style des figures, indique probablement l’existence de contacts et des relations culturelles entre les différents secteurs de l’aire sud andine à cette époque.figure 3Figure : 3 – Troupeau de Camélidés, Macusani (dep. de Puno)

Des manifestations rupestres comparables ont été découvertes dans d’autres régions de l’extrême sud péruvien. A Macusani (dep. de Puno) (Fig.3), où il existe près d’une centaine d’abris rocheux contenant plusieurs milliers de peintures de styles et d’époques différentes, les figures les plus anciennes sont peintes en rouge ou plus rarement en blanc. Elles représentent également majoritairement des scènes de chasse, dans lesquelles sont fréquemment figurés des filets ou des enclos permettant de retenir le gibier (camélidés ou cervidés). Les camélidés sauvages sont dessinés dans un style moins naturaliste et plus rigide que celui de Toquepala, fréquemment regroupés en troupeau. Il existe également des scènes de conflits armés, probablement plus récentes. Un troisième ensemble, présent dans les régions de Sumbay et Huancas (dep. d’Arequipa) est caractérisé par un usage plus fréquent de la peinture blanche, une plus grande diversité de la représentation animale (nandous, pumas…) et la présence de raies ou de points à l’intérieur du corps des camélidés. Les références au thème de la chasse y sont beaucoup plus discrètes. Ces variations stylistiques peuvent témoigner de singularités locales, mais aussi très probablement d’évolutions chronologiques, encore difficiles à déterminer avec précision.

A – L’ art naturaliste dans le Pérou central

Une seconde tradition, probablement un peu plus récente, quoique également datée de l’Holocène moyen (4000-1500 av.n.e.), est présente dans les départements de Lima, Junin et Huancavelica. Cette tradition est caractérisée par la représentation de camélidés de grandes dimensions (parfois plus de 2 m de longueur) généralement peints de couleur rouge, présentant un ventre exagérément enflé Les figures humaines sont rares et de plus petites dimensions. Aucune scène de chasse n’est clairement représentée. figure 4Figure : 4 – Camélidés de Cuchimachay (dep.de Lima)

Sur certaines peintures telles celles de Cuchimachay, un fœtus est parfois figuré à l’intérieur du corps (Fig. 4), plus fréquemment celui-ci est rempli de lignes parallèles ou de points, dans un style proche de celui de Sumbay.

Cette tradition est généralement associée à la célébration de la fertilité animale et aux débuts de la domestication des camélidés.figure 5Figure : 5 – Être surnaturel de style formatif peint à Poro-Poro (dep. de Cajamarca)

B – Les styles semi naturalistes et schématiques

De nouveaux styles de représentation et des thématiques singulières apparaissent avec les sociétés agro-céramistes de la fin de la période précolombienne (2000 av. n.e.- 1532 de notre ère). Les figures animales et humaines, peints de couleurs diverses, sont figurées de manière stylisée, parfois par de simples traits. Au côté des camélidés apparaissent des représentations d’autres animaux : cervidés oiseaux, serpents ; ainsi que de nombreuses figures géométriques : cercles, damiers spirales, croix … Les êtres humains sont généralement représentés de face et portent fréquemment un couvre-chef, parfois des vêtements. Les figures peintes sont généralement juxtaposées, parfois superposées, sur de grands panneaux et parois rocheuses. Elles sont dans l’ensemble assez semblables aux figures gravées à la même époque sur d’autres sites. figure 6Figure : 6 – Paroi peinte à Faical (dep.de Cajamarca)

Les gisements de cette époque sont présents dans l’ensemble des Andes d’altitude ainsi que sur le versant oriental. Une concentration importante correspond au bassin du río Marañon et de ses affluents, où il existe plusieurs dizaines de sites dont les parois sont couvertes de milliers de signes et représentations animales et humaines (Fig. 6). Cet art, probablement daté des X-XVIe siècles de notre ère, pourrait être lié au trafic de caravanes. La période incaïque (XV-XVIe siècles) est caractérisée par une schématisation encore plus importante des figures animales et humaines, associées à des motifs géométriques complexes (damiers, tuniques) que l’on retrouve du nord au sud du pays.

Dans la région côtière, où les peintures rupestres sont rares, on a pu reconnaître l’existence d’une tradition polychrome représentant des êtres surnaturels, des animaux monstrueux et des figures géométriques, comparables aux représentations des styles Chavín et Cupisnique. Ce style de peintures qui date très probablement de la fin de la période Formative (V-IIe siècles av.n.e.) semble avoir une aire de distribution réduite. Les sites les plus caractéristiques sont ceux de Poro Poro dans la vallée du río Chancay (Fig.5) et de la Quebrada Higuerón dans la vallée du río Chicama. Sur la côte centrale, dans les vallées des rios Huara, Chancay et Chillón, sont présentes quelques grottes ornées de peintures, principalement des figures géométriques, datant des phases tardives de la période précolombienne. Elles pourraient refléter la venue de populations d’origine andine.

Les figures gravées découvertes récemment sur le site de la vallée de Salcedo dans le département de Puno représentent des scènes de chasse comparables à celles de Toquepala et Macusani et pourraient donc dater de l’Holocène moyen. Quelques autres sites des départements méridionaux témoignent de l’usage de la gravure, souvent associée aux peintures, depuis une période relativement ancienne. Ce mode d’expression est cependant très minoritaire et ne semble pas témoigner de traditions différentes de celles des pictographes.figure 7Carte de distribution des différentes traditions de pétroglyphes et principaux sites

La majorité des sites contenant des pierres gravées actuellement enregistrés sont distribués sur le versant occidental des Andes et situés à moins de 1500 m d’altitude. Rares dans les hautes Andes, ils sont de nouveau relativement fréquents dans certaines des vallées orientales.

La tradition A «Formative»

La tradition côtière débute durant la période Formative (1500-300 av.n.e), sur la côte nord, (vallées des rios Chancay, Jequeteque, Chicama, Moche), dans l’aire culturelle Cupisnique.figure 8Figure : 8 – Être surnaturel de style formatif A gravé à Palamenco (dep.D’Ancash)

Les figures gravées représentent essentiellement des animaux et êtres mythiques dotés d’attributs monstrueux (dents, crocs, griffes) (Fig.8), comparables à ceux figurés à la même époque sur les parois des temples, les récipients céramiques et les pièces textiles. Ces figures, d’assez grandes dimensions, sont fréquemment isolées sur le bloc rocheux qui les supporte. Ils existent également quelques représentations de signes conventionnels (œil à pupille excentrée, croix).figure 9Figure : 9 – Serpent à tête féline gravé à Alto de la Guitarra

Ces pétroglyphes qui témoignent d’un art relativement stéréotypé sont souvent situés à proximité d’autres structures cérémonielles et appartiennent probablement à des dispositifs rituels complexes. Le site le plus caractéristique de cette tradition ancienne correspond au gisement de Alto de la Guittara, dans la vallée du río Moche, où a été gravé un ensemble de figures représentant des félins, des oiseaux rapaces et des êtres surnaturels de style Cupisnique/Chavin (Fig. 9). Des structures à usage probablement cultuel sont présentes à proximité des pierres gravées. D’autres figures de styles différents ont ensuite été gravées dans des secteurs environnants, sans doute jusqu’à la fin de la période précolombienne.

La présence de quelques rares figures de ce style au nord et au sud du foyer initial semble dater l’expansion de cette tradition de la fin de la période Formative. Elle connaîtra un développement conséquent durant la période suivante (200 av.n.e-600 de n.e.), à laquelle sont attribuables plusieurs dizaines de gisements dispersés entre le centre de l’Equateur et la côte centrale péruvienne.

La tradition B méridionale

On peut reconnaître à cette époque deux grands ensembles présentant des points communs et certaines singularités. La tradition B méridionale est présente sur la côte nord et centrale du Pérou depuis la vallée du río Chancay jusqu’à Nazca. figure 10Figure : 10 – Scène gravée de style B, Checta (dep. de Lima)

figure 11Figure : 11 – Pierre à cupules, Checta

On y reconnaît (Fig.10, 12) des représentations schématiques d’être humains et surnaturels, des figurations de nombreux animaux de la faune locale (renard, serpent, lézard, insectes, poissons, oiseaux, batraciens) et de très nombreux signes géométriques .figure 12Figure : 12 – Pétroglyphes de style B, Cerro Mulato (dep. de Lambayeque)

Elle est caractérisée par la représentation de figures complexes, souvent indéchiffrables et la présence répétée d’un grand nombre de cupules. Les figures gravées sont de taille réduite.
Parmi les éléments remarquables, on peut noter la présence sur de nombreux sites de pierres couvertes de cupules, probablement utilisées lors de pratiques rituelles ou sacrificielles (Fig.11).

Les sites de cette tradition sont d’importance variable. Une dizaine de gisements, contenant plusieurs centaines de pierres gravées, peuvent être définis comme des « temples de plein-air », le plus grand nombre se limite à quelques dizaines de pétroglyphes. Des sites de ce type sont présents dans chacune des vallées côtières, mais leur distribution ne parait pas aléatoire. Un des schémas récurrent est celui d’un site principal entouré de localités de moindre importance. Les vestiges céramiques et restes culinaires sont généralement rares sur ces sites. On y note fréquemment la présence de petites enceintes de pierre, ainsi que la proximité d’anciens chemins de communication ou de la confluence de rivières. Une donnée probablement significative est la localisation d’une partie de ces sites dans des zones productrices de coca, à l’époque préhispanique. Quelques sites du versant oriental péruvien présentent des caractéristiques proches.figure 13Figure : 13 – Vue du site de Checta depuis la basse vallée

L’étude détaillée des contextes archéologiques et de la distribution des pierres et figures gravées sur un des sites importants de cette époque (Checta) (Guffroy, 1980-81, 1987) a permis de comprendre les modalités de fonctionnement et finalités de tels établissements. Situé dans la moyenne vallée du río Chillón, à environ 1200 m s.n.m, le gisement occupe une surface plane d’une superficie d’environ 8000 m2, sur laquelle sont disséminés plusieurs centaines de blocs rocheux de tailles diverses dont 430 portent des gravures (Fig. 13). Il existe deux autres sites de moindre importance (quelques dizaines de pierres gravées) un kilomètre en aval et deux kilomètres en amont du site principal, ainsi que quelques pierres isolées dispersées.

figure 14
Figure : 14 – Checta : emplacements des divers témoins d’occupation précolombiens

Bien que très peu de vestiges archéologiques aient été mis au jour sur le site de pétroglyphes, cette portion de la vallée a connue une occupation importante depuis la période précéramique finale (2000 av.n.e) jusqu’à l’arrivée des espagnols et plus d’une vingtaine de gisements de fonctions diverses (structures d’habitat, édifices cérémoniels, fosses funéraires, terrasses de culture) y ont été enregistrés (Fig.14, 15).figure 15Figure : 15 – Site d’habitat sur éperon dominant les pétroglyphes (Période Intermédiaire ancienne (0-600 de n.e.)

Durant les phases précolombiennes tardives et à l’époque Inca, les terres irriguées de la basse vallée étaient couvertes de plantations de coca, et de ce fait objets de conflits répétés. Cette proximité des pétroglyphes et de zones de culture de cette plante, de haute valeur économique et symbolique, a pu être mise en évidence dans d’autres régions de la côte péruvienne ainsi que sur le versant oriental et jusqu’à l’extrême nord de l’Équateur. Les sites de pétroglyphes pourraient avoir joué un rôle dans les cérémonies liées à la fertilité à la cueillette et distribution des feuilles de coca (Guffroy 1987, 1999).figure 16Figure : 16 – Entrée et partie basse du site de Checta

La distribution des pierres gravées n’est pas homogène sur l’ensemble du site et parait témoigner des modalités d’exploitation ainsi que d’une certaine volonté d’organisation. Alors qu’en moyenne I/3 des blocs gravables ont été exploités, ce pourcentage est de 45 % dans la zone basse, par laquelle se fait l’accès (Fig.16), tandis que les rochers situés dans les secteurs plus élevés ont été gravés de manière moins intensive (26 %), ce qui reflète sans doute une exploitation progressive du site.figure 17Figure : 17 – Vue rapprochée d’une pierre couverte de cupules et rainures de polissage

Quelques roches couvertes de cupules (Fig.11, 17) occupent par ailleurs des positions singulières aux deux extrémités du gisement et dans la partie médiane latérale, comme pour délimiter le secteur réservé à cet usage. Une ultime roche couverte de cupules est présente, isolée, sur un site de terrasses agricoles situé plus au fond de la quebrada.

Bien que l’ensemble des figures appartienne à un même style, une certaine durée d’occupation est suggérée par l’existence de différences notables existant entre les différents secteurs dans les thèmes traités et la distribution des roches gravées. Dans la partie basse, prédominent les pétroglyphes non figuratifs, simples ou complexes, ainsi que les figures solaires, tandis que les motifs anthropomorphes et zoomorphes sont relativement rares. Parmi ces derniers sont représentés des quadrupèdes (cervidés et/ou camélidés), des insectes et serpents.figure 18Figure : 18 – Pétroglyphe complexe –Checta

Ces figures animales sont souvent de petites dimensions et peu visibles alors que les compositions complexes (Fig.18) occupent de plus grands espaces. Vient ensuite un espace peu exploité, où les figures gravées se limitent à quelques traits simples, croix ou cercles, séparant la partie basse du secteur central. Celui est occupé par deux concentrations importantes intégrant de nombreuses représentations anthropomorphes et zoomorphes, alors que les figures solaires et serpentiformes deviennent plus rares.figure 19Figure : 19 – Tête féline –Checta

Un des thèmes répétés est l’association de représentations de têtes félines (Fig.19) et d’oiseaux (rapaces ?) stylisés. En remontant le site, on rencontre une nouvelle zone peu exploitée avant d’arriver dans la partie haute, où les figures gravées sont plus rares, mais les figures anthropomorphes et zoomorphes plus nombreuses. Les grandes figures complexes sont absentes de ce secteur.

Cette distribution des roches gravées suggère l’existence de pratiques rituelles associant probablement l’acte de graver à d’autres activités : danses, chants, divinations, sacrifices… Il est important de noter que la grande majorité des 4500 glyphes exécutés sur ces roches correspondent à de simples traits et à des cupules. L’acte de graver une figure si simple soit elle pourrait avoir représenté une activité tout aussi significative, et en tout cas beaucoup plus fréquente, que la représentation d’un grand félin sur une pierre bien visible.

B – La tradition B septentrionale

La tradition B septentrionale, probablement contemporaine de la précédente, est présente dans l’extrême nord du Pérou (départements de Lmabayeque, Cajamarca et Piura), ainsi dans les provinces du sud et de l’est équatorien (Loja, Azuay, Morona Santiago). Les roches gravées ne forment jamais de concentrations importantes et sont généralement dispersées sur d’assez vastes territoires. Quelques ensembles (Samanga, Misagualli) distribués sur plusieurs kilomètres semblent matérialiser de véritables parcours. Elles sont également assez fréquemment situées à proximité ou dans le lit des rivières. Les cupules sont fréquentes, comme dans la tradition méridionale, mais sont le plus souvent disposées en lignes, parfois suivant les arêtes des roches. Les pétroglyphes les plus communs dans cette tradition sont les représentations stylisées d’êtres et de têtes humaines, les figures serpentiformes et les spirales.figure 20Figure : 20 – Pierre portant des pétroglyphes et dépressions profondes

On note aussi la présence, dans plusieurs secteurs, de roches présentant des dépressions circulaires profondes (Fig.20) ainsi que de petites stèles et pierres dressées (Fig. 21).figure 21Figure : 21 – Pierre dressée gravée (province de Loja-Equateur)

Les figures complexes et les représentations d’oiseaux, de mammifères et d’insectes sont rares. L’organisation des sites et la nature des figures gravées semblent témoigner des pratiques sociales et rituelles sensiblement différentes de celles de la tradition B méridionale.

Une autre grande tradition apparaît plus tardivement (700-1500 de n.e.) dans le sud du Pérou (départements de Moquegua, Arequipa, Tacna).

Les figures représentées sont moins diverses et plus stéréotypées. On y reconnaît principalement des figurations d’être humains se livrant à différentes activités (danse, musique, élevage), des félins, oiseaux, serpents et camélidés, des lignes en zigzag et quelques cupules. Les associations sont relativement répétitives.figure 22Figure : 22 – Pétroglyphes de style C, Toro Muerto (dep.d’Arequipa)

Le plus important site de cette tradition : Toro Muerto (dep.d’Arequipa) comporte plus de 5000 blocs gravés et plusieurs dizaines de milliers de glyphes (Fig.22, 23). figure 23Figure : 23 – Pétroglyphes de Toro muerto

La relation avec les chemins de communication et le trajet de caravanes semble importante, mais on note également la présence très fréquente d’inhumations à proximité des pierres gravées. L’usage et le fonctionnement des sites associés semblent répondre à des finalités quelque peu distinctes de celles des traditions antérieures.

A – Géoglyphes

L’historique des géoglyphes (faits par alignements de pierre ou balayage) est comparable à celui des pétroglyphes, avec un développement relativement ancien dans l’aire Cupisnique, une diffusion postérieure sur la côte centrale, où existent des ensembles importants (Nazca, Palpa),figure 24Géoglyphe de la Pampa de Nazca: représentation d’un colibri

et une présence plus tardive sur la côte sud, où ils apparaissent parfois sur les mêmes gisements que les pétroglyphes. Ces deux types de manifestations participèrent conjointement à l’appropriation culturelle et à la transformation du paysage.

B – Art mobilierfigure 25Tessons céramiques peints provenant du département d’ Arequipa.

L’art mobilier, gravé ou peint, sur des plaquettes de pierres ou des tessons céramiques, s’est essentiellement développé dans la région sud, et tout particulièrement dans le département d’Arequipa. Ces objets ont fréquemment été déposés en assez grande quantité dans des contextes d’offrande ou de rituels funéraires.figure 26Tessons céramiques peints provenant du département d’ Arequipa.

Les figures humaines, animales et signes représentés sont comparables à celles des gravures et peintures de la fin de l’époque précolombienne.